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Sur le vif

Islamophobie : les excuses de façade de Goasguen aux musulmans (vidéo)

Rédigé par Maria Magassa-Konaté et H. Ben Rhouma | Mercredi 30 Juillet 2014



Islamophobie : les excuses de façade de Goasguen aux musulmans (vidéo)
Il en aura fallu du temps à Claude Goasguen pour adresser des excuses publiques à la communauté musulmane suite à ses propos islamophobes tenus en février lors d’un gala du KKL, le Fonds national juif. Le député-maire UMP avait alors déclaré qu’on n’osait plus enseigner la Shoah dans les lycées « tant on a peur des réactions des jeunes musulmans qui ont été drogués dans les mosquées ».

Des excuses, vraiment ? Interrogé au sujet de cette phrase par le journaliste Claude Askolovitch dans l’émission Face à face sur i>Télé, dimanche 27 juillet, Claude Goasguen a déclaré que sa phrase avait été « mal comprise » et que ses propos visaient les « salafistes », sans donner plus de précisions sur ce qu'ils sont. « Je dirais qu'il y a des mosquées où il y a des salafistes mais mettre tous les musulmans là-dedans, c'est injuste et je m'excuse auprès d'eux. Mais pas auprès des salafistes », a déclaré le maire du XVIe arrondissement, plus de cinq mois après ses propos choquants qui lui ont valu d’être poursuivi par le Conseil français du culte musulman (CFCM).

L’homme politique est allé plus loin en reconnaissant l’existence de l’islamophobie - terme ainsi employé - en France, bien que « latente » comparée à l'antisémitisme. « Il y a autant probablement autant d'islamophobie latente dans ce pays que d’antisémitisme ouvert et désormais de passivité à l'égard des chrétiens. Ce pays est malade, ce pays a besoin de faire se rencontrer des forces qui ne sont pas antagonistes mais qui ont pour objectif de vivre ensemble dans la République », a ainsi avancé Claude Goasguen.

« L'islamophobie est une réalité, on ne peut pas la nier, et l'islamophobie, en grande partie, explique la violence des manifestations de la part d'un certain nombre d'individus », a encore estimé l’élu en référence aux manifestations pro-palestiniennes.

Le désintérêt pour les chrétiens d'Orient, la faute des musulmans

A l’approche de son procès prévu le 11 septembre, l’homme cherche à faire amende honorable. Mais il peine à ne pas stigmatiser les musulmans. Ainsi, dans la première partie de l’entretien télévisé (plus bas), lui qui devait participer dans l’après-midi à un rassemblement de soutien aux chrétiens d’Irak persécutés, a estimé que la « passivité » actuelle à l’égard de cette population en France pouvait en partie être expliquée par la présence d’une forte population musulmane.

« On a peur avec une communauté musulmane qui est en ébullition sur l’affaire du Hamas. On a l’impression d’attiser un feu », a-t-il ainsi dit, sans craindre de faire porter aux musulmans de l’Hexagone la responsabilité sur le « désintérêt » qui existerait autour des persécutions des chrétiens d’Orient.

« Les musulmans peuvent être républicains, le sont à condition qu'on leur dise la vérité et que la presse sorte de cette timidité maladive à cause de cette force qu'ils représentent », poursuit le député dans une posture paternaliste. Venant de ce fervent défenseur d’Israël qui ne voit dans les manifestations pro-palestiniennes à Paris que des démonstrations de soutien au Hamas, « la vérité » ne serait que trop désagréable pour ses détracteurs. A noter, de très nombreuses voix musulmanes ont publiquement dénoncé les persécutions des chrétiens d'Orient mais également l'Etat islamique qui les chassent des territoires conquis.





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