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Sur le vif

Iftar antifasciste : les raisons de l’interdiction

Rédigé par | Lundi 29 Juillet 2013



L’iftar antifasciste, qui devait se dérouler samedi 27 juillet en plein Paris, a été interdit à la dernière minute sur ordre de la préfecture de police de Paris en raison... des émeutes de Trappes (Yvelines), déclenchées après le contrôle policier d’une femme en niqab ayant dégénéré.

Selon les termes de l’arrêté préfectoral dont Saphirnews a obtenu copie, « il existe des risques importants pour que, dans le contexte actuel de tension à la suite des troubles graves à l’ordre public qui se sont produits dans la commune de Trappes, les thèmes développés dans les appels à ce rassemblement puissent conduire à des contre-manifestations ou des réactions individuelles inopinées pouvant dégénérer en affrontements avec les partisans et sympathisants du rassemblement, comme le craignent d’ailleurs les organisateurs qui prévoient la mise en place d’un service d’ordre ».

La préfecture a également brandi « le risque que, dans ce contexte, les appels à ce rassemblement soient suivis et réunissent plusieurs centaines de personnes, fréquentation peu compatible avec la très forte affluence attendue sur le parvis et à la gare de Montparnasse samedi 27 juillet 2013, jour de grands départs ».

La demande d’autorisation pour la tenue de cet événement sur le Parvis de Montparnasse a pourtant été formulée dès le 18 juillet par les initiateurs, regroupés derrière le Front musulman autonome et antiraciste, sans lien avec Trappes qui fut secouée par des violences urbaines après le 19 juillet. Cependant, ils n’ont été informés de cette décision que la veille de l’action, dans l'après-midi. Aucun recours ne fut alors possible. « Ils avaient 9 jours pour formuler l’interdiction, leur décision est clairement abusive », lâche Laïla, un des organisatrices de l’iftar.

La procédure de référé, lancée le jour même de l’iftar, ne changera rien : le juge a donné raison à la préfecture qui, pour obtenir gain de cause, a déclaré avoir proposé « d’autres lieux de rassemblement », tous « refusés ». Le collectif dément fermement toute proposition.

Ceux qui ont tout de même fait le déplacement à Montparnasse ont été repoussés dès 20h30 sans ménagement par la police, qui s’était mobilisée en masse pour l’occasion. Preuve de leur crainte, pas moins de 15 camions de CRS avaient quadrillé le quartier, a-t-on constaté.

La rupture du jeûne, c'est à Châtelet, dans le 1er arrondissement de Paris, que les musulmans figurant parmi la soixantaine de participants, finiront par la faire. Un échec ? Non, clame le collectif qui estime avoir été mieux entendu depuis l'interdiction. Des actions ne sont pas prévus à ce jour mais les militants n'entendent pas en rester là dans leur bataille contre l'islamophobie.



Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur