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Sur le vif

Hongrie : Viktor Orban met la Bosnie-Herzégovine en colère pour ses propos islamophobes

Rédigé par Benjamin Andria | Jeudi 23 Décembre 2021 à 12:00

           


© Európa Pont
© Európa Pont
Viktor Orban s’est attiré les foudres de la présidence de Bosnie-Herzégovine. Le Premier ministre hongrois, qui compte à son actif de nombreux propos à caractère raciste, a estimé que l’élargissement de l’Union européenne (UE) à la Bosnie pouvait poser problème du fait de l’appartenance musulmane de la majorité de sa population.

Lire aussi : Pour Viktor Orban, l'islam est une religion « d'un autre monde », hors d'Europe

« Je fais de mon mieux pour convaincre les grands dirigeants européens que les Balkans sont sans doute plus éloignés d'eux que de la Hongrie, mais la façon dont nous gérons la sécurité d'un État dans lequel vivent deux millions de musulmans est également un problème clé pour leur sécurité », a déclaré Viktor Orban au cours d’un discours prononcé mardi 20 décembre.

« Le défi avec la Bosnie est de savoir comment intégrer un pays avec deux millions de musulmans », a aussi dit le leader hongrois, selon son porte-parole Zoltan Kovacs qui a relayé ces propos sur Twitter. Autant de phrases qui ont déclenché la colère des dirigeants bosniens. Des groupes ont appelé à l’annulation d’une visite officielle de Viktor Orban prévue à Sarajevo en janvier 2022.

« Ce n'est pas un défi pour l'UE d'intégrer deux millions de musulmans. Les Bosniaques de Bosnie-Herzégovine sont des Européens de souche qui ont toujours vécu ici. Nous sommes Européens », a signifié Sefik Dzaferovic, membre de la présidence tripartite de Bosnie-Herzégovine, qui a dénoncé « les opinions islamophobes » de Viktor Orban.

Même son de cloche du côté du grand mufti de Bosnie, Husein Kavazovic, qui a jugé les propos du Premier ministre hongrois de « xénophobes et racistes ». « Si de telles idéologies deviennent la base sur laquelle reposent les politiques d'une Europe unie, cela nous ramène alors à l'époque où l'unité européenne devait être construite sur des idéologies fascistes, nazies, violentes et génocidaires similaires qui ont conduit à l'Holocauste et à d'autres crimes horribles », a-t-il déclaré.

La Bosnie-Herzégovine traverse la plus grave crise politique de son histoire récente depuis la fin de la guerre des Balkans. Souhaitant revenir sur des dizaines de lois adoptées après les accords de Dayton en 1995, Milorad Dodik, le chef politique des Serbes de Bosnie et membre de la présidence tripartite de Bosnie-Herzégovine, menace de faire sortir la République serbe de plusieurs institutions fédérales bosniennes dont l'armée, la justice et les impôts, faisant craindre le pire à une population encore traumatisée par la guerre.

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