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Points de vue

Hommage au cheikh Abdessalam Yassine

Rédigé par Saer Saïd | Lundi 17 Décembre 2012



Cher Professeur Abdessalam,

C’est avec tristesse que j’ai appris que vous nous aviez quittés. À juste titre, comme vous nous l’avez toujours rappelé, la mort n’est qu’un passage et une délivrance pour les bienheureux.
Que Dieu, à Lui la puissance et la gloire, vous couvre de Sa grande miséricorde et de Ses bienfaits !

J’ai eu l’occasion de vous rencontrer au Maroc, durant l’été 2000. En fait, depuis ce moment, nous nous ne sommes jamais vraiment séparés. Nous sommes toujours restés ensemble par les invocations ainsi que par le rappel lors des assises spirituelles hebdomadaires. L’amour qui unissait les cœurs des croyants était perceptible à tout instant, de jour comme de nuit.

Beaucoup voient en vous l’opposant politique qui n’a jamais failli dans son engagement et qui n’a pas cédé aux chants et à l’appel du pouvoir. D’autres voient en vous un « islamiste » dirigeant une confrérie qui veut imposer la charia par la force, voire par des moyens détournés, à son peuple.

Cher Professeur, vous étiez un éducateur, un médecin du cœur ! Vous avez guidé et éduqué plusieurs générations d’hommes et de femmes, afin qu’ils puissent renouer avec Dieu et chercher Sa proximité par le rappel (dhikr).

Vous avez appelé de nombreux hommes et de nombreuses femmes à rechercher la maladie qui était en eux et à combattre notre égo surdimensionné qui biaise notre relation avec le Divin et avec les hommes.

Vivant avec votre temps, la contextualisation et la réforme de la pensée musulmane étaient votre priorité pour que la communauté des croyants appréhende les enjeux du monde dans lequel elle évolue.

Vous n’étiez pas avare de conseils et d’explications sur le sens profond du message divin qui animait votre action : la place de l’homme et son devenir, l’appel à Dieu, la résistance toujours dans la non-violence, la place et le rôle essentiel de la femme dans la société ; autant de sujets fondamentaux qui ont porté de nombreuses destinées sur le chemin de Dieu.

Vous nous avez accompagnés en nous accordant votre bonne compagnie, toujours avec amour, tendresse et bienveillance, comme un père qui accompagne et guide les premiers pas de son enfant dans la vie.

Cher Professeur, votre héritage sera lourd à porter dans ce monde où l’injustice, la méfiance, l’individualisme et l’égo sont rois !

J’invoque et prie Dieu, le Très-Haut, afin qu’Il vous élève parmi les véridiques et les sincères et que vous soyez en compagnie de notre bien-aimé Prophète.

Reposez en paix !