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Psycho

Hania : « Je suis à bout, je veux redevenir la femme que j'étais avant »

Rédigé par Lalla Chams En Nour | Mercredi 1 Mai 2019 à 11:00



Hania : « Je suis à bout, je veux redevenir la femme que j'étais avant »
Je suis une maman de deux garçons de 8 ans et de 5 ans. L’aîné est calme mais très froid, le plus jeune un peu moins mais est très doux et l’exprime quotidiennement. Je suis une maman très câline, j’embrasse mes enfants une cinquantaine de fois par jour et je leur dis que je les aime autant de fois que possible.

Mais, d’un autre côté, je suis très nerveuse. Je ne supporte pas quand ils se chamaillent entre eux. Je crie sur mon aîné s’il ne fait pas ses exercices par exemple alors que c'est un excellent élève.

Je suis vraiment à bout et Dieu sait que je n’aime pas leur crier dessus. Je menace parfois et je les tape. Il m’arrive de les gifler, de les pincer... Je n’étais pas aussi nerveuse avant, mais depuis la naissance du dernier, j'ai complètement changé, je le ressens.

Je veux avoir un autre enfant mais j'ai vraiment peur déjà de lui transmettre ma nervosité durant la grossesse et d’être encore plus stressée une fois l’arrivée du bébé.

Dois-je prendre un traitement pour me calmer d’abord, puis suivre une thérapie ? Conseillez-moi s’il vous plaît. J’ai peur d’être une mauvaise mère et je veux vraiment redevenir la femme calme et sereine que j’étais.

Je précise que mon mari est au chômage depuis plus de deux ans et que c’est moi qui subviens aux besoins de ma famille. Mon mari est vraiment absent dans l’éducation de ses enfants. C’est moi qui m’occupe de tout.

Lalla Chamsennour, psychanalyste

Chère Hania,

D'abord bravo pour l'honnêteté de vos propos. Si vous acceptez de vous remettre en cause, c'est déjà beaucoup.

En effet, il y a un problème dans le comportement que vous décrivez. Embrasser vos enfants 50 fois par jour, ce n'est pas forcément la meilleure façon de manifester votre amour. Cela vous rend envahissante, je n'espère pas invasive, et je comprends que votre aîné prenne un peu ses distances. Il y a un « espace psychique » à respecter chez chaque être humain, ce qui fonde son sentiment d'intimité, sa pudeur. Si vous approchez constamment physiquement de vos enfants, hors code, mais juste sur votre pulsion, votre besoin de sensualité, par exemple, vous ne les aimez pas pour eux-mêmes, mais pour vous. Je sais, c'est inconscient, mais cela vaut la peine d'y réfléchir.

Concernant votre nervosité, vous écrivez en toute fin de lettre que votre mari ne prend pas sa part de père et ne travaille pas. La source de votre nervosité, comme vous dites, peut venir de votre double rôle, mère et père à la fois. Oui, c'est un problème. Cela vaudrait le coup d'y réfléchir aussi et d'en parler entre vous.

Crier sur vos enfants après les avoir embrassés des dizaines de fois, vous le savez, c'est un comportement paradoxal que vous enfants ne sauront pas décrypter émotionnellement, cela peut réellement les perturber et, éventuellement, les éloigner de vous.

Vous dites vouloir un autre enfant. Là encore, pour vous ? Pour l'enfant lui-même ? Ou d'autres raisons, comme vouloir retenir le mari, ou disons, le géniteur ? Il y a là une contradiction, que l'arrivée de l'enfant ne résoudra pas. Il risque de pâtir de votre nervosité.

En résumé, il est urgent que votre couple trouve un meilleur équilibre dans la répartition des tâches. Il est urgent de ne pas faire d'autre enfant dans une situation si précaire où vos obligations vont encore s'accroître.
Interrogez-vous sur vos véritables motivations.

Et oui, trouvez un régime de plantes, par exemple, comme le millepertuis, la valériane, le griffonia pour vous calmer. Mais ce ne sera pas suffisant, un travail sur vous avec un professionnel peut vous aider à retrouver vos marques.

La rubrique « Psycho », qu’est-ce que c’est ?

Des psychologues et psychanalystes répondent à vos questions. Musulman(e)s du Maghreb ou de France, professionnel(le)s actif(ve)s exerçant en cabinet, ils réfléchissent à votre problématique et tentent de vous éclairer à travers leur expérience professionnelle et leur pratique spirituelle. Ils peuvent vous aider à y voir plus clair en vous-même ou à mieux décrypter le comportement des personnes de votre entourage.
Ils ne sont pas médecins, même si on les désigne parfois comme des « médecins de l’âme », mais leur rôle est de vous aider à trouver en vous-même la meilleure réponse à vos interrogations sur vos relations aux autres, votre conjoint ou conjointe, vos parents, vos frères et sœurs, vos amis, vos collègues de travail, vos voisins...
Alors, n’hésitez pas, interrogez-les, ils tenteront de vous répondre en s’éclairant des plus belles pensées de l’islam.
Contactez-les (anonymat préservé) : psycho@saphirnews.com