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Sur le vif

Ghana : WhatsApp pour remplacer les appels à la prière, l'idée saugrenue du gouvernement

Rédigé par Benjamin Andria | Mercredi 18 Avril 2018



Ghana : WhatsApp pour remplacer les appels à la prière, l'idée saugrenue du gouvernement
Le gouvernement ghanéen est en quête de solutions pour réduire les nuisances sonores dans la capitale Accra, parmi lesquels celles engendrées par l’utilisation de haut-parleurs pour les appels à la prière dans les lieux de culte, en particulier les mosquées.

Pour en finir avec les appels des muezzins comme à Kigali, au Rwanda, le ministre de de l'Environnement, des Sciences, de la Technologie et de l'Innovation Kwabena Frimpong-Boateng a ainsi proposé aux fidèles musulmans de… se connecter à WhatsApp pour recevoir les notifications des heures de prière dans leurs lieux de culte.

« Comment se fait-il que la prière ne puisse pas être transmise par SMS ou WhatsApp ? Que l'imam puisse envoyer des messages WhatsApp à tout le monde », a-t-il signifié le 10 avril au Deutsche Welle. « Je pense que cela aidera à réduire le bruit. C'est peut être controversé mais c'est quelque chose auquel nous pouvons réfléchir. »

Une piètre idée pour les Ghanéens musulmans, qui représentent 20 % de la population. Si beaucoup sont d’accord pour la mise en œuvre de solutions visant à lutter contre la pollution sonore, WhatsApp n’en est pas une à leurs yeux. Non seulement la proposition du ministre demande à ce que les fidèles des mosquées aient une connexion à Internet, qu’ils soient inscrits sur les réseaux sociaux mais aussi qu’ils donnent aux dirigeants des mosquées leur numéro pour l’envoi des textos, ce qui amène des questions sur la gestion de telles données.

Quant aux imams, ils devraient s’occuper d’envoyer des SMS cinq fois par jour. En plus du temps qu’une telle tâche demande, « l’imam n’est pas payé mensuellement, où trouverait-il l’argent pour le faire ? », a indiqué un imam officiant dans la capitale. Le gouvernement est appelé à faire de nouvelles propositions.

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