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Sur le vif

Génocide au Rwanda : la France exclue des commémorations

Rédigé par La Rédaction | Lundi 7 Avril 2014



Le coup d’envoi des commémorations marquant le 20e anniversaire du génocide rwandais a été donné, lundi 7 avril, au Stade Amahoro, le plus grande stade de la capitale Kigali. La cérémonie officielle s'est ouverte sur une intervention du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, en présence de représentants de nombreux pays dont l’ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Samantha Power.

Mais aucun représentant français n’était présent. La garde des Sceaux, Christiane Taubira devait initialement conduire une délégation française lors de cette cérémonie. Après les propos du président rwandais Paul Kagame dans Jeune Afrique accusant la France, au même titre que la Belgique, d’avoir joué un « rôle direct dans la préparation du génocide » rwandais et d’avoir participé « à son exécution même », la France avait annoncé, samedi 5 avril, annuler le déplacement de la ministre.

Le lendemain, la diplomatie française indiquait que l’ambassadeur serait toutefois présent. Cependant, Michel Flesch, l’ambassadeur français au Rwanda qui devait assister à la cérémonie, a appris qu’il n’était pas le bienvenu. Les autorités rwandaises lui ont retiré son accréditation. « Hier à 22h30 (dimanche 6 avril), le ministère des Affaires étrangères rwandais m’a téléphoné pour m’informer que je n’étais plus accrédité pour les cérémonies », a expliqué Michel Flesch. « A la question de savoir si je pouvais me rendre dans l’après-midi au mémorial (du génocide) de Gisozi, pour y déposer une gerbe, il m’a été répondu "non"», a-t-il ajouté.

Les autorités rwandaises réclament à la France des excuses pour sa participation au génocide de 1994 au cours duquel plus de 800 000 personnes, essentiellement issues de la minorité tutsi, ont été massacrées en cent jours. Accusée d’avoir soutenu les soldats de l'armée rwandaise et les milices hutu, la France, dont l’armée était présente dans le pays au moment des faits, voit depuis longtemps sa responsabilité relevée.

Après des années de relations très tendues, les deux pays s’étaient officiellement réconciliés en 2010 lorsque la France avait admis « de graves erreurs d’appréciation » au Rwanda. Des excuses restent encore attendues par Paul Kagame, qui a franchi un seuil en accusant l’Hexagone d’avoir été « acteur » du génocide. La première condamnation en France d’un génocidaire rwandais, en mars dernier, ne change rien aux yeux du président rwandais. « On nous présente cette sentence comme un geste, presque comme une faveur de la France à l’égard du Rwanda, alors que c’est le rôle de la France dans le génocide qu’il conviendrait d’examiner », a-t-il déclaré.

Lors de la cérémonie des commémorations, ce dernier a encore fustigé le rôle de l’Hexagone. « Aucun pays n’est assez puissant, même s’il pense l’être, pour changer les faits », a déclaré en anglais le président rwandais avant de lancer, en français : « Après tout, les faits sont têtus. » 20 ans après, les relations diplomatiques entre les deux pays sont marquées par l'instabilité.

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