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Sur le vif

En Italie, le premier sénateur noir est membre d'extrême droite

Rédigé par Lina Farelli | Mercredi 7 Mars 2018



En Italie, le premier sénateur noir est membre d'extrême droite
Tony Iwobi marque son nom de son empreinte dans l'histoire italienne : il est en effet le premier sénateur noir à être élu dans le pays. Sa particularité ? Défiant tous les clichés, l'homme politique, de confession catholique et d’origine nigériane, a été élu sous l'étiquette de la Ligue du Nord, parti d'extrême droite dirigé par Matteo Salvini.

« Chers amis, c’est avec une grande émotion que je vous annonce que j’ai été élu sénateur de la République. Après plus de vingt-cinq ans de batailles dans la grande famille de la Ligue, une nouvelle grande aventure va commencer », a-t-il écrit, mardi 6 mars, sur son compte Facebook.

Tony Iwobi quitte le Nigéria et débarque en Italie en 1976. Il dirige une entreprise spécialisée dans l’informatique jusqu’en 1993 où il embrasse la politique et se construit une carrière. Tony Iwobi intègre l’extrême droite, la Ligue de Matteo Salvini, cet homme politique qui, dans sa campagne, a promis de « nettoyer l’Italie rue par rue » en brandissant les slogans tels que « Stop l’invasion » et « Les Italiens d’abord ».

Questionné sur son choix en 2014, il révèle son adhésion au souhait de la Ligue à se battre à l'époque en faveur du fédéralisme, lorsque le parti avait un agenda autonomiste. « Le Nigéria a 36 États autonomes et confédérés. C’est un projet qui fonctionne en Afrique, pourquoi est-ce qu’il ne fonctionnerait pas ici ? », avait-il soutenu.

Le fédéralisme a été mis de côté par la Ligue mais Tony Iwobi partage avec l’extrême droite bien d'autres convictions. Sa position sur l'immigration en Italie est limpide tant elle est teintée de xénophobie. Au lancement de sa candidature au poste sénatorial, il a estimé que « Matteo Salvini et la Ligue représentent une barrière importante contre le racisme » et que « la discrimination naît quand prolifère l’immigration clandestine ».

Depuis 2014, c'est d'ailleurs lui qui se charge, au sein de la Ligue, du dossier de l’immigration, martelant que « l’intégration est faite aussi de devoirs, pas seulement de droits ». À l’heure où le numéro 1 du parti extrême droit est pressenti au poste de Premier ministre, l'avenir de Tony Iwobi est assuré.

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