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Sur le vif

Emprisonnés plus de 10 ans à tort : l'erreur judiciaire reconnue

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 16 Mai 2013



Abdelkader Azzimani et Abderrahim el-Jabri ont obtenu, mercredi 15 mai, l'annulation de leur condamnation. La Cour de révision a annulé leur condamnation à 20 ans de réclusion prononcée en 2003. M. Azzimani et M. el-Jabri seront rejugés par une cour d'assises dont ils attendent un acquittement après avoir passé respectivement 13 et 11 ans derrière les barreaux. Pour rien.

Les deux hommes âgés maintenant de 47 ans ont été condamnés pour le meurtre, en 1997, d'Abdelaziz Jhilal, un dealer de drogue tué de 108 coups de couteau, à Lunel dans l'Hérault. Impliqués dans un trafic de stupéfiants, ils avaient reconnu avoir été parmi les derniers à rencontrer la victime qui leur devait 40 000 francs (plus de 6 000 €). De plus, un témoin avait identifié les deux hommes comme étant les auteurs du crime.

Les deux suspects, qui n’ont jamais cessé de marteler leur innocence, risquaient donc de passer le reste de leur vie en prison. Mais finalement, le témoin est revenu sur ses propos et quelques gouttes de sang retrouvées sur la scène du crime ont permis de les réhabiliter.

L’analyse ADN du sang retrouvé a permis de confondre un nouveau suspect dans le meurtre de Jhilal. Il s’agit d’un manutentionnaire qui a avoué l'assassinat du dealer avec la complicité d'un directeur de centre de loisirs.

Au regard de tous ces « éléments qui constituent des faits nouveaux, de nature à faire naître un doute sur la culpabilité », l'avocat général Patrick Bonnet a soutenu la demande de révision et a demandé l'annulation de leur condamnation lors de la comparution devant la Cour de révision le 17 avril.

La Cour de révision n’a pas eu d’autres choix que d’annuler la condamnation de ces faux coupables. C’est la neuvième fois seulement dans l'histoire judiciaire d'après guerre (1945) que la justice reconnait son erreur.

Cette décision ne pourra cependant jamais effacer les années d’enfermement subies à tort par Abdelkader Azzimani et Abderrahim el-Jabri. « La peine a été annulée mais pour moi, je l'ai exécutée », a ainsi réagi M. el-Jabri sur RTL. « La justice doit aller jusqu'au bout et se concentrer sur le prochain procès », a déclaré l'ancien détenu, qui estime qu’« il reste de nombreuses zones d'ombre » dans cette enquête « mal dirigée ». « Dégoûté » que la justice n’ait pas pris en compte les « éléments qui prouvaient » son innocence, il espère également bénéficier d’une réparation financière.

Le nouveau procès de MM. Azzimani et el-Jabri devrait s’ouvrir dans le Gard une fois les présumés nouveaux coupables jugés.

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