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Points de vue

Election des instances musulmanes en France

Rédigé par Colin Mohammed | Jeudi 27 Février 2003

Il n’aura fallu qu’une dizaine d’années pour que l’Islam se dote d’un conseil représentatif ce qui est beaucoup moins que pour le judaïsme ou le protestantisme comme le souligne l’universitaire Bruno Etienne. Les mosquées représentées par 4000 délégués vont pouvoir élirent les 6 et 13 avril les listes régionales. Ces listes détermineront tout d’abord la composition du conseil d’administration et du bureau des conseils régionaux du culte musulman et ensuite la composition de l’assemblée générale et du conseil d’administration du Conseil Français du Culte Musulman sur le plan national.



Il n’aura fallu qu’une dizaine d’années pour que l’Islam se dote d’un conseil représentatif ce qui est beaucoup moins que pour le judaïsme ou le protestantisme comme le souligne l’universitaire Bruno Etienne.

 

Les mosquées représentées par 4000 délégués vont pouvoir élirent les 6 et 13 avril les listes régionales. Ces listes détermineront tout d’abord la composition du conseil d’administration et du bureau des conseils régionaux du culte musulman et ensuite la composition de l’assemblée générale et du conseil d’administration du Conseil Français du Culte Musulman sur le plan national.

 

Quant au bureau national, la désignation par Nicolas Sarkozy des présidents est chose faite depuis le 20 décembre 2002. La présidence échoue au recteur de la mosquée de Paris et les vices présidences à l’UOIF et à la FNMF. Ces nominations pour le moins inhabituelles en pays sécularisé sont paraît il nécessaire pour préserver un équilibre des tendances au sein du Conseil Français du Culte Musulman, tel est le souci du ministre de l’intérieur.

 

Il faut comprendre que l’Islam de France n’est pas encore sorti d’une gestion diplomatique. En effet, les chancelleries étrangères ont encore leurs mots à dire et c’est probablement cette raison qui a obligé Nicolas Sarkozy à tenir un jeu d’équilibriste. C’est également cette raison qui explique l’absence des musulmans nés et grandis ici. Ils sont probablement trop français au goût des consulats et détachés du pays de leurs parents. Les rivalités venues d’ailleurs n’ont pas tardé à refaire surface pour opposer le recteur de la mosquée de Paris au recteur de la mosquée d’Évry sur le dossier médiatique du Franprix halal. Dalil Boubakeur ayant estimé que le Député-Maire d’Évry abuse de ses pouvoirs en voulant à tout prix fermer le magasin halal a déclaré que le CFCM pourrait à l’avenir s’occuper de ce type de problème. Khalil Merroun, pense l’inverse : il faut au contraire ne pas tout mélanger. Le CFCM devra ne s’occuper que des affaires religieuses.

 

On constate que les rôles attribués au CFCM sont encore mal définis et pas clairs pour les acteurs mêmes. Aussi symbolique que soit l’avènement de cette instance, le plus dur reste à venir.