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Sur le vif

Climat : un accord décevant au sommet de Doha

Rédigé par La Rédaction | Lundi 10 Décembre 2012



Décevant : c’est en un mot le bilan du sommet sur le climat qui s’est achevé, samedi 8 décembre, à Doha, au Qatar.

Les192 pays, réunis pour prolonger le protocole de Kyoto, ont eu du mal à se mettre d’accord. Finalement, le vice-Premier ministre qatari Abdallah al-Attiya qui présidait les débats a arraché un accord malgré les protestations de la Russie. Cependant, le texte adopté n’est pas très encourageant.

Ainsi, même si à l’issue du sommet, le protocole de Kyoto a été prolongé jusqu'en 2020, le Canada, le Japon et la Russie se sont retirés de ce processus dont le but est de lutter contre le réchauffement climatique par la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les États-Unis, qui n’avaient déjà pas ratifié l’accord établi en 1997, n’ont pas changé d’avis.

Seuls l'Europe, l'Australie et une dizaine d'autres pays ont renouvelé leur engagement dans ce protocole, qui ne visait jusque là que les pays industrialisés. Au final, l’impact de ce Kyoto 2 est faible car ces Etats ne représentent que 15 % de ces émissions au niveau mondial.

Autre gros échec du sommet de Doha : un accord n’a pu être trouvé sur l’aide financière accordée aux pays en développement pour leur permettre de lutter contre le réchauffement. Lors de la conférence de Copenhague en 2009, les pays industrialisés avaient promis un fonds de 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 mais rien n’a été statué à ce sujet au grand dam des pays du Sud, les plus vulnérables face aux changements climatiques.

Les associations engagées dans la défense de l’environnement sont tout autant déçues du bilan de ce sommet. «Cette conférence a entériné l'inaction face au changement climatique. Les ministres n'ont aucune excuse», ont déploré les représentants du Réseau action climat. « Cet accord n'est pas à la hauteur », a concédé pour sa part Delphine Batho, la ministre de l'Écologie, estimant toutefois que l'accord vaut mieux que rien.

La situation devient préoccupante car le monde se dirige dangereusement vers une hausse de 3°C à 5°C de la température globale alors qu’au delà de 2°C, le système climatique risque de s’emballer. Le sujet reviendra sur le devant de la scène internationale en 2013, lors du prochain sommet sur le climat à Varsovie (Pologne). Avec l'espoir pour les écologistes que cette réalité sera mieux ancrée dans les esprits afin de trouver une solution à la hauteur de la menace que pèse le changement climatique sur la planète.

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