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Sur le vif

Centrafrique : l'au revoir du Tchad en plein chaos

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 4 Avril 2014



Le gouvernement tchadien a annoncé, jeudi 3 avril, le retrait de son contingent de la force de l’Union africaine en Centrafrique (Misca) déployée en Centrafrique. Acteur clé de la crise centrafricaine et incontournable puissance régionale, le Tchad a dénoncé une « campagne malveillante » contre ses soldats.

Le Tchad fournit l’un des plus importants contingents de la Misca (850 militaires environ sur les 6 000 déployés). Il va donc se retirer alors que les forces africaines et la force française Sangaris (2 000 soldats) réclament des renforts pour pacifier le pays, notamment en province.

Ce départ est un coup dur pour la Misca et les civils qui bénéficient de son aide. Human Right Watch a dénoncé le jour même la multiplication des massacres dans des villages reculés et passés sous silence, les forces militaires déployées ne suffisant pas à assurer la protection des populations locales. L’ONG a notamment relevé des attaques survenues dans le village de Guen du 1er au 4 février, où des miliciens anti-balaka ont tué au moins 72 hommes et garçons musulmans.

L’annonce du Tchad intervient alors que les soldats tchadiens sont mis en cause après avoir tué des civils le 29 mars à Bangui. Selon l’ONU, ils ont tiré sans avoir été provoqués sur la foule dans un marché de la capitale, tuant au moins 30 personnes et faisant plus de 300 blessés. Il s’agit de l’incident le plus grave impliquant des troupes étrangères en Centrafrique depuis le renversement, en mars 2013, du président François Bozizé par la Seleka, une coalition à dominante musulmane que le Tchad est accusé de soutenir.

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