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Sur le vif

Azzimani et El Jabri blanchis après plus de 10 ans de prison

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 4 Juillet 2014



Abdelkader Azzimani et Abderrahim El Jabri.
Abdelkader Azzimani et Abderrahim El Jabri.
C’est la fin d’un long combat judiciaire pour Abdelkader Azzimani et Abderrahim El Jabri. Les deux hommes, victimes d’une terrible erreur judicaire qui les envoya derrière les barreaux de très nombreuses années ont enfin obtenu la reconnaissance leur innocence. Leur acquittement final a été prononcé jeudi 3 juillet par la cour d’assises du Gard.

« C'est un poids qui tombe. Ce costume n'était pas le nôtre. J'ai toujours marché la tête haute, condamné et recondamné », a réagi M. Azzimani, rapporte Le Monde. Lui et Abderrahim El Jabri avaient été condamnés en 2003 à vingt ans de réclusion pour le meurtre d'un dealer Abdelaziz Jhilal en 1997 à Lunel dans l'Hérault. Si les deux hommes impliqués dans un trafic de stupéfiants avaient reconnus que la victime leur devait de l’argent, ils n’avaient cessé de clamer leur innocence.

Après 13 et 11 ans passés derrière les barreaux, ils retrouvent espoir quand une analyse ADN du sang retrouvé sur le lieu du crime permet de confondre un nouveau suspect. Ce dernier avoue tout comme sont complice et ces deux là sont condamnés le 23 novembre 2013 à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Montpellier. Entre temps, en mai 2013, la Cour de révision avait annulé la condamnation d’Abdelkader Azzimani et Abderrahim El Jabri et renvoyé l’affaire devant la cour d’assises du Gard, où les débats furent ouverts dès le 30 juin.

Les anciens dealers, aujourd’hui âgés de 48 et 49 ans, ont alors dû dépeindre leur passé sombre. Devant ce récit, la présidente de la cour, Geneviève Perrin, a décidé d'introduire une question subsidiaire pour « complicité d'homicide volontaire » afin que les jurés se prononcent non seulement sur l'acquittement des deux hommes mais aussi sur leur possible complicité dans cet homicide.

S'ils n’étaient pas des enfants de cœur, rien n’indiquent qu’ils aient pris part au meurtre Abdelaziz Jhilal. « Le ministère public a une impression. Il a une intime conviction. Mais il doit s'appuyer sur des preuves. La conscience de ma fonction m'interdit de soutenir l'accusation dès lors que les éléments ne permettent pas de prouver leur culpabilité », a ainsi argué l'avocat général Didier Durand.

Finalement, la Cour a totalement blanchi les deux hommes. Pour leur avocat, Me Luc Abratkiewicz, c'est la fin d’« un procès historique et noble ». « Toutes les victoires sont belles mais celle-ci est exceptionnelle. Enfin, la vérité a triomphé. C'est l'épilogue qu'on attendait tant », a-t-il salué. Abdelkader Azzimani et Abderrahim El Jabri sont les 9e et 10e condamnés à être blanchis depuis 1945 au terme d'une procédure en révision.

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