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Sur le vif

Attentat à Liège : hommage au courage de la femme de ménage de l'école face au tueur

Rédigé par Lina Farelli | Vendredi 1 Juin 2018



Attentat à Liège : hommage au courage de la femme de ménage de l'école face au tueur
La Belgique est sous le choc après l’attentat de Liège survenu mardi 29 mai. Tout près des lieux de l'attaque, se trouvait l'école secondaire publique Léonie de Waha qui a rouvert ses portes jeudi 31 mai. Et c'est Darifa Imaankaf, qui travaille en tant que femme de ménage de l'établissement qui est aujourd'hui remercié pour le comportement qu'elle a adopté face au tueur entré dans l'école. Un comportement qui a très probablement permis au bilan de ne pas s'alourdir.

Le témoignage de la Belgo-marocaine de confession musulmane sur sa rencontre avec l'assaillant, Benjamin Herman, qui venait tout juste de tuer deux policières et un civil, apporte un nouvel éclairage aux événements.

Une femme qui « incarne le courage et la bravoure des personnes humbles et anonymes »

Alors qu’elle vidait les poubelles devant l'établissement scolaire, Darifa Imaankaf a vu des gens s’affoler du côté du boulevard, proche de l’école. Elle a alors fermé les portes par réflexe avant de la rouvrir quelques minutes plus tard pour laisser entrer une de ses collègues. Elle allait alors vérifier que tout allait bien dans la cour de récréation quand elle s'est retrouvé nez à nez avec le tueur, les deux armes pointées vers le ciel.

« Quand je l’ai regardé, il m’a dit : "Je vais te poser deux questions. Tu es musulmane ? Tu fais le ramadan ?" J’ai dit oui. "Alors je vais rien te faire, mais il faut que tu m’écoutes, que tu fasses ce que je te dis et tout ira bien pour toi" », raconte la quadragénaire. Face aux larmes de cette femme de ménage qui lui priait d’épargner les élèves, l'individu lui a intimé de ne pas pleurer pour ces enfants mais pour ceux de Syrie.

Entreprenant de le raisonner, Darifa Imaankaf a tenté en même temps de prévenir ses collègues par des gestes. Elle raconte aujourd'hui avoir suffisamment discuté avec Benjamin Herman pour savoir que c’était un prisonnier bénéficiaire d’une permission de sortie. « Si quelque chose doit se passer, c’est aujourd’hui », a-il dit, après lui être demandé de se rendre. Au bout de la conversation qui a duré une trentaine de minutes, racontait-elle, il a jeté sa carte d’identité par terre puis, après crié « Allah Akbar », est sorti de l’école, a vidé son chargeur sur les agents des forces de l'ordre dépêchés sur place. Il a blessé quatre agents avant d’être abattu.

L’enquête a révélé que sans l’intervention de cette femme de ménage, le tueur se serait attaqué aux élèves. Aux yeux du Premier ministre Charles Michel, du ministre de l’Intérieur Jan Jambon et du Parlement belge, cette femme, à qui un hommage a été rendu jeudi 31 mai, « incarne le courage et la bravoure des personnes humbles et anonymes ».

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