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Sur le vif

Antoine Griezmann lâche Huawei par solidarité avec les Ouïghours

Rédigé par Radjaa Abdelsadok | Jeudi 10 Décembre 2020 à 17:19

           


Antoine Griezmann lâche Huawei par solidarité avec les Ouïghours
En cette Journée internationale des droits de l’Homme jeudi 10 décembre, Antoine Griezmann a annoncé dans un communiqué officiel sur son compte Instagram « mettre un terme immédiat à son partenariat » le reliant à la société chinoise de nouvelles technologies Huawei.

L'attaquant français engagé auprès du FC Barcelone remet en cause l’éthique de l’entreprise qui, selon ses mots, « aurait contribué à une alerte ouïghour grâce à un logiciel de reconnaissance faciale ». Il affiche ainsi sa solidarité envers cette minorité musulmane du Xinjiang, au nord-ouest du territoire chinois, réprimée par le pouvoir central depuis plusieurs années.

Lire aussi : Face à la répression des Ouïghours, l'ONU appelée à « déployer des troupes de maintien de la paix » en Chine.

La prise de décision du sportif ne s’arrête pas là puisqu’il appelle l’entreprise à répondre de sa responsabilité. « J’en profite pour inviter Huawei à ne pas se contenter de nier les accusations mais à engager au plus vite des actions concrètes pour condamner cette répression de masse et d’user de son influence pour contribuer au respects des droits de l’homme et de la femme au sein de la société ».

Cet acte fort, salué par les défenseurs des droits humains, est le résultat d’une pression exercée sur les réseaux sociaux qui, depuis quelques jours, interpellent personnellement le joueur. « Cher Antoine Griezmann, Huawei est complice des crimes contre l’humanité du gouvernement chinois. Une figure comme vous ne peut pas être l’égérie d’une telle marque », lit-on sur un post Instagram partagé des milliers de fois et relayé notamment par le député européen Raphaël Glucksmann et l'activiste ouïghoure Dilnur Reyhan. Soutenir Huawei, c’est « promouvoir une marque qui participe aussi activement à la déportation et à la torture de milliers d’êtres humains », appuie-t-on.

Des appels au boycott qui se multiplient contre la Chine

Face aux accusations, Huawei a formulé un démenti catégorique : « Nous ne développons pas d’algorithmes ou d’applications dans le domaine de la reconnaissance faciale mais uniquement des technologies à usage général qui se fondent sur les normes internationales en matière d’apprentissage automatique et d’intelligence artificielle ». Et de préciser que « Nos produits et solutions sont en conformité avec les normes de l’industrie et les règlementations concernées. »

D'autres personnalités comme la chanteuse Zara Larsson ont été incitées à prendre position contre Huawei. Depuis plusieurs mois, une centaine d'entreprises comme Nike, Apple, Adidas, Zara et H&M, accusées d'être liées au travail forcé des Ouïghours en Chine, sont appelées à être boycottées par les consommateurs. Un appel au boycott des Jeux olympiques d'hiver dont la Chine est l'organisatrice en 2022 commence aussi à émerger.

« Il reste encore deux ans au CIO pour revenir à la raison et demander aux autorités de Pékin de faire cesser la répression politique et sociale, et plus particulièrement celle engagée d’une main de fer contre la minorité ouïghoure », lançaient des personnalités dans une tribune en octobre dernier. « Si les conditions n’étaient pas remplies sur ce sujet, et on peut craindre que Xi Jinping n’ait pas l’intention d’infléchir ces répressions, il sera alors de la responsabilité des Etats, des fédérations et des athlètes d’appeler au boycott des JO d’hiver de Pékin 2022. »

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