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Sur le vif

Afghanistan : les candidats se disputent la victoire aux présidentielles

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 9 Juillet 2014



Abdullah Abdullah, le candidat arrivé second au deuxième tour de l’élection présidentielle afghane du 14 juin, a revendiqué, mardi 8 juillet, la victoire du scrutin.

La veille, à l’annonce des résultats provisoires par la Commission électorale, qui a placé Ashraf Ghani en tête avec 56,4 % des voix, Abdullah Abdullah a refusé de reconnaître les résultats. Favori après le premier tour dont il était arrivé en tête avec plus de 12 points d’avance, il a crié à la fraude massive, et a dénoncé un « coup d’Etat » contre le peuple.

Le lendemain, il s’est autoproclamé vainqueur du scrutin. « Sans aucun doute, nous sommes les gagnants de l’élection », a-t-il déclaré devant plusieurs milliers de ses partisans à Kaboul.

Dans la soirée, Ashraf Ghani a assuré, lors d’une conférence de presse, que ses voix ont été obtenues de façon « honnête ». Il s’est dit opposé à « toute action unilatérale et contraire à la loi », et a affirmé avoir donné son accord pour que 7 100 bureaux de vote – soit 3 millions de voix – fassent l’objet d’un audit pour y déceler d’éventuelles fraudes.

Selon l’entourage d’Abdullah Abdullah, ce dernier a réclamé l’examen de 11 000 bureaux de votes. En 2009 déjà, lors de la précédente élection présidentielle, Abdullah s’était déjà plaint de fraudes - depuis avérées – en faveur du président sortant Hamid Karzaï. Le candidat malheureux a d’ailleurs accusé l’ancien président d’avoir aidé son rival à tricher.

Peu connu des Afghans, M. Ghani n’avait obtenu que 2,94 % des suffrages en 2009. Même s’il a probablement bénéficié du soutien des réseaux de Hamid Karzaï, qui déteste Abdullah, une telle progression intrigue les observateurs.

Le déchirement du camp anti-taliban risque de déclencher une nouvelle période d’instabilité, voire un regain de tension entre les différentes ethnies du pays, dont pourraient tirer profit les Talibans. Abdullah, conscient d'attiser les tensions chez ses partisans, s'est efforcé de rassurer la communauté internationale, inquiète de la tournure des événements, et sans le soutien de laquelle l’Etat ne peut survivre. « Nous voulons l'unité nationale et la dignité de l'Afghanistan. Nous ne voulons pas la guerre civile », a-t-il affirmé.

Les Etats-Unis, pourvoyeur principal de l’aide versée à l’Afghanistan, ont fait part de leurs inquiétudes. « Toute action pour prendre le pouvoir par des moyens extralégaux coûterait à l’Afghanistan le soutien financier et sécuritaire des Etats-Unis et de la communauté internationale », a prévenu le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

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