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Sur le vif

Willie Brigitte condamné à neuf ans de prison

| Samedi 17 Mars 2007



Willie Brigitte, Français converti à l'islam et poursuivi pour avoir élaboré des projets d'attentats en Australie, a été condamné jeudi à neuf ans d'emprisonnement ferme par le tribunal correctionnel de Paris.
Cette peine a été assortie d'une période de sûreté de 6 ans. Le prévenu est en détention depuis octobre 2003.

Willie Brigitte, né à Pointe-à-Pitre il y a 38 ans, converti à l'islam en 1998, est soupçonné d'avoir participé à l'élaboration d'attaques terroristes en Australie pour le compte du mouvement radical pakistanais Lashkar-e-Toiba (LET). Il avait été arrêté en Australie en octobre 2003 puis expulsé vers la France.

Il avait été mis en examen à Paris et écroué deux semaines plus tard.

Parmi les cibles potentielles d'attentats auraient figuré un centre d'espionnage électronique américain à Pine Gap, dans le centre de l'Australie, le réacteur nucléaire de Lucas Heights, à Sydney, et des bases militaires à Sydney et Perth (ouest).

Lors de son procès, le 9 février, le représentant du parquet de Paris avait requis une peine de dix ans d'emprisonnement, assortie d'une période de sûreté des deux tiers.

Pour la 14è chambre du tribunal correctionnel, présidée par Jacqueline Rebeyrotte, le prévenu a bien participé, dans le cadre de l'organisation Lashkar-e-Toiba, à l'élaboration d'un projet d'attentat en Australie, pays qui figure au rang des cibles définies par Oussama Ben Laden.

Estimant ces faits extrêmement graves, le tribunal a considéré qu'il y avait lieu de faire une application très ferme de la loi pénale à l'encontre d'un prévenu qu'il considère comme un soldat du jihad ayant délibérément choisi de se former militairement et religieusement au Pakistan et au Yémen.

Le tribunal a par ailleurs condamné par défaut Sajid Mir, considéré comme l'"officier traitant" de Willie Brigitte, à une peine de dix ans d'emprisonnement, soit le maximum encouru devant une juridiction correctionnelle.

"Aucune preuve formelle n'a été rapportée de l'implication de Willie Brigitte dans quoi que ce soit. C'est ubuesque", a affirmé Me Harry Durimel, l'un des avocats de M. Brigitte, qualifiant cette procédure de "chasse aux sorcières".

"Nous sommes plutôt partants pour un appel mais nous allons en discuter avec notre client", a ajouté son autre avocat, Me Jean-Claude Durimel.




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