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Sur le vif

Un père parti faire le « jihad » en Syrie avec son bébé

Rédigé par La Rédaction | Mardi 25 Mars 2014



Mériam Rhaiem, une jeune mère de 25 ans, a tenu une conférence de presse samedi 22 mars à Lyon pour faire part de son histoire bouleversante.

Sa fille de 23 mois a été enlevée par son père qui l'a emmenée avec lui en Syrie où il compte rejoindre, selon Mériam, le Front al-Nosra, un groupe jihadiste qui affronte l'armée de Bachar al-Assad. Aux yeux de cette maman, sa fille « Assia doit être reconnue comme otage ». « Je veux que le gouvernement français reconnaisse Assia, jeune Française âgée de 23 mois, comme la plus jeune otage française, car oui, c’est une otage », a martelé Mériam. « Je veux qu’elle ait ce qualificatif d’otage au même titre que les autres otages, journalistes ou religieux », a-t-elle ajouté.

Le père de sa fille, dont elle est séparée depuis juillet 2012, ne l'a pas ramené chez elle le 14 octobre dernier après sa garde du lundi. Il est parti avec l'enfant en Turquie dans le but de rejoindre la Syrie. Ils auraient déjà atteint cette destination selon la mère. « Son dernier appel, à la mi-janvier, provenait d’un numéro syrien. Il m’a dit qu’il ne voulait pas ramener Assia en France et qu’il préférait qu’elle meure en martyre. Il m’a assuré qu’elle allait bien et il m’a passé ma fille qui me réclamait : Mama, Mama… C’était horrible », a-t-elle raconté, au bord des larmes.

Son ex-époux, également âgé de 25 ans, se serait radicalisé après son pèlerinage à La Mecque. « Il est rentré rempli de sagesse. Mais la radicalisation s’est faite très vite. Les fondamentalistes l’ont eu », explique Mériam.

Après l’enlèvement de sa fille, elle a été longuement reçue par le conseiller à la justice du président de la République. Mais selon elle, les autorités françaises ne l’ont « pas prise au sérieux ». A la souffrance de ne pas avoir sa fille près d'elle, s'ajoute l'indignation. Elle se demande pourquoi il a fallu attendre deux mois et demi pour délivrer un mandat d’arrêt international à l’encontre du père et comment il a pu passer de Turquie en Syrie sans être inquiété.

« Pourquoi, quand les autorités savent qu’elle (Assia, ndlr) est désormais en Syrie, ne l’avouent-elles pas concrètement devant 66 millions de Français ? », s'interroge-t-elle. « Je veux que les plus hautes autorités de l’Etat interviennent pour une petite fille française de 23 mois, devant l’opinion publique, comme elles sont intervenues pour une lycéenne », clame-t-elle en faisant référence à l’affaire Léonarda.

Dans son désespoir, elle a écrit aux représentants catholiques, musulmans et juifs de Lyon, ainsi qu’au pape François. « Un seul a répondu, le pape François », a fait savoir son avocat Me Versini-Bullara. Mériam Rhaiem compte lancer une pétition et organiser « une marche symbolique pour les enfants de notre République » avec d’autres familles d’enfants mineurs qui se trouvent sur le sol syrien.

Parmi les 200 Français recensés en Syrie pour combattre, on compterait une douzaine de mineurs dont une lycéenne d'Avignon, qui aurait été demandée en mariage.

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