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Sur le vif

Un ex-grand imam de La Mecque dénonce la « phobie des femmes » dans les mosquées

Rédigé par Lina Farelli | Vendredi 31 Mai 2019



Un ex-grand imam de La Mecque dénonce la « phobie des femmes » dans les mosquées
L'ancien grand imam de La Mecque, Adil Al-Kalbani, a mis cette semaine sur la table des débats la question sensible de la place des femmes dans les mosquées.

Celui qui a été appelé « l'Obama saoudien » à sa nomination en 2009 à la fonction d'imam de la mosquée sacrée a ainsi remis en question le système d'aménagement des mosquées plaçant les femmes dans un espace de prière totalement séparé de celui des hommes. Il est allé jusqu'à dénoncé une culture de « phobie des femmes » à la source de la forte ségrégation sexuelle régnant en Arabie Saoudite face aux téléspectateurs de la chaîne publique saoudienne SBC.

« Malheureusement, aujourd’hui, nous sommes paranoïaques – dans une mosquée – un lieu de culte. Elles (les femmes, ndlr) sont complètement séparées des hommes, elles ne peuvent pas les voir et peuvent seulement les entendre à travers des microphones ou des haut-parleurs. Et si le son était coupé, elles n’entendraient plus rien de ce qui se passe » pendant les prières, a avancé cet éminent religieux aux sept millions d'abonnés sur Twitter.

« Nous ne pouvons pas exclure les femmes », a encore soutenu ce cheikh, assurant que cette pratique de séparer les hommes et les femmes n’était, à l'origine, pas inscrite dans la tradition islamique et qu'il relève d'une « paranoïa » des hommes.

L'homme, connu par le passé pour ses positions très conservatrices, a ainsi martelé que, du temps du Prophète, « les hommes priaient devant et les femmes étaient à l’arrière de la mosquée sans aucune cloison, même pas un rideau », déplorant qu’aujourd’hui, les femmes sont reléguées dans d’autres pièces.

« Je crois que c’est une forme de phobie envers les femmes », a-t-il constaté. Pour illustrer son point de vue, Adil al-Kalbani a évoqué le cas de certains hommes conservateurs qui n’osent jamais prononcer le nom de leurs épouses, sœurs ou filles en public. Ces noms sont même exclus des invitations ou des annonces de décès.

Rappelant le cas d'illustres femmes musulmanes comme l'épouse du Prophète Muhammad, Aïcha, il rappelle que celles-ci « ont beaucoup donné à la société et à la oumma. Cela ne leur a jamais nui que des gens connaissent leurs noms ».

Cette prise de position forte et salutaire, dans un pays ultra-conservateur où règne une forte ségrégation sexuelle, reflète un climat social de plus en plus permissif, souhaité par le prince Mohammad ben Salmane (qu'Adil al-Kalbani soutient) visant à une meilleure inclusion des femmes dans la société saoudienne.

« Grâce à Dieu, cette phobie disparaîtra quand des décisions qui feront justice aux femmes seront prises », a ainsi formulé de ses vœux le cheikh.

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