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Monde

Un an après l’attentat contre une mosquée de Québec, le Canada rend hommage aux victimes

Rédigé par | Mardi 30 Janvier 2018

L'attentat perpétré au Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) le 29 janvier 2017 est le pire commis contre un lieu de culte musulman en Occident. Un an après cette tragédie qui a fait six morts, plusieurs jours de commémorations ont été organisés pour rendre hommage aux victimes. Le Premier ministre Justin Trudeau n'a pas manqué de se joindre aux émouvants hommages en appelant les Canadiens à combattre l'islamophobie.



Le Canada a commémoré l'attentat survenu le 29 janvier 2017 à la Grande Mosquée de Québec. Un an après, un hommage national a été rendu par le Premier ministre Justin Trudeau, qui s'est déplacé à Québec pour participer au rassemblement commémoratif et rencontrer des proches des victimes. © Twitter / Justin Trudeau
Le Canada a commémoré l'attentat survenu le 29 janvier 2017 à la Grande Mosquée de Québec. Un an après, un hommage national a été rendu par le Premier ministre Justin Trudeau, qui s'est déplacé à Québec pour participer au rassemblement commémoratif et rencontrer des proches des victimes. © Twitter / Justin Trudeau
Un an s’est écoulé depuis l’attentat qui a brutalement mis fin à la vie de six fidèles du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ). Quatre jours de commémoration ont été organisés du 26 au 29 janvier, dans la mosquée et dans la ville de Québec.

Parmi les temps forts de ce temps commémoratif, une rencontre publique réunissant des proches de victimes – parmi lesquelles des veuves de disparus - et des survivants de l’attaque comme Aymen Derbali, un des héros de l’attentat, a été organisée, samedi 27 janvier, sur les lieux même du drame. Un hommage particulièrement émouvant auquel ont pu assister une centaine de personnes.

Un an après l’attentat contre une mosquée de Québec, le Canada rend hommage aux victimes
« Vous ne pouvez savoir à quel point toutes les marques de soutien, de solidarité et d’affection et les témoignages nous ont permis de passer à travers ces moments si difficiles », a signifié Idiatou Barry, veuve de Mamadou Tanou Barry, citée par Radio Canada.

« C’est vrai que c’est un Québécois qui a semé cette terreur à la Mosquée, mais c’est vrai aussi que ce sont des Québécois, des médecins québécois, le staff médical québécois qui a fait tous ces efforts pour nous sauver. Moi, principalement, je tiens à les remercier », a déclaré Aymen Derbali.

L’homme, aujourd’hui paralysé, est celui qui a inspiré le titre du documentaire Ta dernière marche dans la mosquée, qui a été diffusé plus tôt dans la journée du samedi à l’université Laval, là où travaillait Khaled Belkacemi, une des six victimes de l’attentat. Plusieurs proches des victimes ont fait le déplacement pour cette projection, qui marque avec émotion le premier anniversaire d'une tragédie à laquelle ils n'ont pas vraiment fait le deuil.

Un rassemblement interreligieux a été organisé le lendemain, dimanche 29 janvier, avec les représentants des communautés chrétiennes, musulmane, juive et des Premières Nations. « Notre Terre, elle appartient à tous également. Nous exigeons, comme Première Nation, que tout le monde soit traité de façon égale, de façon digne et honorable », a déclaré le Grand chef de la Première Nation huronne-wendat Konrad Sioui.

« Nous leur devons de combattre les sentiments qui ont mené à leur mort »

Le point d'orgue de ces commémorations est venu lundi, lors d'un rassemblement près de la mosquée auquel le Premier ministre canadien Justin Trudeau s'est déplacé. En présence des responsables du CCIQ, des proches des victimes et de quelques centaines de personnes qui ont choisi de braver le froid, il a dénoncé l'islamophobie et toutes les formes d'intolérance, de la même manière qu'il l'a fait dans la Chambre des communes, à Ottawa, plus tôt dans la journée.

« Il y a un an, le Canada pleurait la perte des siens. (...) Nous savons aujourd'hui que ces six personnes sont mortes sous les balles de l'ignorance et de la haine - aux mains de l'islamophobie et du racisme, qui n'auront jamais leur place dans notre société. Ce geste de violence était non seulement inexcusable, mais inacceptable », avait-il alors déclaré, avant d'ajouter : « Nous ne pouvons pas ramener les personnes qui ont été fauchées, mais nous leur devons de combattre les sentiments qui ont mené à leur mort. Nous leur devons de dénoncer et de s'élever contre toute forme d'islamophobie et toute forme de discrimination. »

Un discours fort qui rappelle qu’un débat est en cours sur l’instauration ou non d’une Journée de commémoration et d’action contre l’islamophobie au gouvernement fédéral canadien. Le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC), appuyé par 70 organisations musulmanes du pays, en a fait la demande officielle au gouvernement fédéral début janvier mais la majorité des partis politiques s’y sont opposées. Tandis que le Premier ministre du Québec Philippe Couillard s'y refuse en déclarant ne pas vouloir différencier ce racisme des autres, le Premier ministre Justin Trudeau n’a, quant à lui, pas encore tranché.



Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur