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Points de vue

Sœurs et frères en humanité, proclamons notre égalité

L’islam sans complexes

Rédigé par Abdallah Deliouah | Mardi 8 Mars 2016



Sœurs et frères en humanité, proclamons notre égalité
Ma sœur musulmane, en cette journée que la société a bien voulu consacrer à la femme, je voulais te consacrer ce message.

Tu es ma mère qui m’a enfanté, aimé et élevé.
Tu es mon épouse qui me comble d’affection et m’épaule pour la vie.
Tu es ma fille qui m’offre le bonheur et m’apporte la joie.
Tu es ma sœur qui me comprend, me soutient et corrige avec douceur mes erreurs.

Je n’ai jamais compris pourquoi les gens veulent te consacrer une journée alors que, moi, je trouve que 365 jours ne suffisent pas pour pouvoir te rendre tout le bien que tu m’apportes.

Les gens me disent : « Tu dois lui donner la place qu’elle mérite ! » Je ne les comprends pas parce que je ne me pose pas les mêmes questions qu’eux concernant ta place. Tu es toujours, et depuis toujours, dans mon cœur, avec moi, comme moi.

Certes, à 16 ans, j’ai vu que j’avais une barbe naissante et que tu n’en avais pas, cela n’a aucunement changé mon avis sur toi, ni mon amour pour toi, ni mon respect à ton égard. Je me suis juste dit que cela est certainement lié au fait que j’allais être papa dans l’avenir et que j’aurais besoin d’une femme pour cela…

Pourquoi les gens se posent des questions sur ton statut alors que tu es leur mère, leur compagne, leur épouse, leur fille ou leur sœur ? Les questionnements des gens m’ont interpellé, leurs accusations m’ont perturbé, ils parlent de ma religion en mal, ils disent qu’elle dégraderait la femme et lui donnerait un statut de sous-homme et de servante de l’homme…

C’est bizarre ce que disent les autres car, moi, je suis toujours à ton service !

Ils doivent certainement parler d’une autre religion que la mienne ? Car ma religion, c’est ma maman qui me l’a enseignée, je ne crois pas que ma maman se considérait comme une sous-humaine ! Elle est pour moi le summum de l’humanité, la source de la sagesse, la personnification de la bonté.

À force d’entendre ces critiques, j’ai donc décidé d’aller voir les sources, j’ai ouvert le Livre de Dieu et j’ai lu : « Quiconque, homme ou femme, aura fait le bien tout en étant croyant, Nous lui assurerons une vie heureuse. Et Nous les récompenserons en fonction des meilleures de leurs œuvres » (Coran, s. 16, v. 97).

J’ai vu que le Prophète de l’islam disait depuis le début de sa mission : « Les femmes sont les sœurs germaines (semblables) des hommes. »

J’ai vu que le Très-Haut enjoint à ce que les hommes et les femmes œuvrent ensemble pour le bien. Ils sont égaux devant Dieu, complémentaires dans la vie. Ils ne sont pas concurrents ni rivaux : « Les musulmans et les musulmanes, les croyants et les croyantes, les hommes pieux et les femmes pieuses, les hommes sincères et les femmes sincères, les hommes patients et les femmes patientes, ceux et celles qui craignent Dieu, ceux et celles qui pratiquent la charité, ceux et celles qui observent le jeûne, ceux et celles qui sont chastes, ceux et celles qui invoquent souvent le Nom du Seigneur, à tous et à toutes Dieu a réservé Son pardon et une magnifique récompense » (Coran, s. 33, v. 35).

J’ai compris, ma sœur, qu’une tendance qui prétend prendre ta défense veut te dresser contre moi, ton frère. Elle veut faire de moi ton rival, l’obstacle qu’il faut écarter pour pouvoir avancer !

Elle veut aussi te faire comprendre que ta liberté réside dans ton insoumission à Dieu, ta rébellion contre la morale et ton indifférence à mon égard.

J’ai également compris que ce n’est pas ton intérêt qui les intéresse, même s’ils le prétendent, cela n’est qu’une manière de faire de toi un objet de désir, un outil de marketing et un pantin à leurs services.

Ma sœur, ne les écoute pas, ton intérêt, comme le mien, est dans la soumission éclairée et volontaire à Dieu le plus Sage des sages. Notre soumission à Dieu nous libère de toute autre soumission à l’être humain, à la passion et à la matière.

Alors, déclare solennellement avec moi : « Nous sommes égaux devant Dieu et nous sommes entièrement et volontairement soumis à Lui (musulmans). »

***
Abdallah Deliouah est imam à la mosquée de Valence (Rhône-Alpes) et auteur de La Zakât sur les salaires (Maison d’Ennour, 2012).