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Sur le vif

Sifaoui et Chalghoumi en tête d’un appel contre « l’escroquerie » de l’islamophobie

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 15 Juillet 2015



Sifaoui et Chalghoumi en tête d’un appel contre « l’escroquerie » de l’islamophobie
Marianne publie ce mercredi 15 juillet une tribune intitulée « Face à l’islamisme, la République ne doit pas trembler ! » avec, pour objectif, de « faire entendre la voix de cette majorité dite "de culture musulmane", qui rejette l’islamisme et revendique la laïcité et l’universalisme ».

Plus de 70 personnes figurent parmi les premiers signataires avec, en haut de la liste, le très controversé Mohamed Sifaoui, également président de l’association Onze janvier fondée en mai, et Zineb El Rhazoui, journaliste à Charlie Hebdo, qui ont participé le 10 juillet à Paris ensemble à une manifestation contre le voile.

Suivent ensuite des personnalités diverses, dont certains intellectuels reconnus comme l'universitaire et psychanalyste Fethi Benslama, d’anciennes personnalités publiques aujourd'hui oubliées comme Sihem Habchi, ex-présidente de l’association Ni putes ni soumises, ou encore Walid El-Husseini, président du Conseil des ex-musulmans de France. Notons, à leurs côtés, la présence d’un conseiller régional d’Île-de-France, Ziad Goudjil (Europe écologie les Verts). Du côté religieux, seul Hassen Chalghoumi, dit l'imam de Drancy, figure dans la liste où tous dénoncent « l’islamisme (qui) a ruiné les pays d’origine d’un grand nombre d’entre nous, semant le plus souvent morts, larmes, tragédies et désolation »

Ces signataires ont tous comme point commun d’être des « citoyens de culture, de tradition ou de confession musulmane ; nous sommes athées, agnostiques ou croyants ; nous sommes d’origine arabe, africaine, perse, berbère, turque ou kurde ; nous sommes des Français, des résidents en France ou des amis de la République vivant à l’étranger », ce qui ferait leur légitimité à refuser « ce climat de terreur et la société tout entière le refuse ».

Cachez cette islamophobie que je ne saurais voir

Pour sauver la société, ces souscripteurs interpellent les pouvoirs publics à « demeurer fermes et vigilants face aux revendications contraires aux valeurs universelles, au principe de laïcité, portées et incarnées activement par les courants ou les personnalités liés ou proches des Frères musulmans et des salafistes. (...) L’islamisme nous impose une guerre et sa principale arme est le terrorisme, mais l’islamisme nous impose aussi une grande bataille idéologique que nous devons assumer collectivement. »

Ils appellent également à refuser le mot « islamophobie ». Tout en écrivant que la majorité des actes racistes sont anti-musulmans, il ne faut « pas céder au chantage » face à une « véritable escroquerie intellectuelle qui vise à anesthésier et à atrophier le débat, à interdire la critique d’idéologies ou de groupes extrémistes, voire d’une religion ou d’un dogme ». Une critique à peine voilée - mais sans qu'il ne soit cité - au Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) dans le viseur, ces dernières semaines, de plusieurs signataires de l'appel dans Marianne et auteurs de plusieurs tribunes acerbes à l'égard de l'association publiées dans le Huffington Post ou encore Le Figaro.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) est, lui, bel et bien nommé : l'instance, critiquée, est décrite comme une « mascarade », qui « ne peut représenter qu’une minorité incapable de faire passer un message remettant en cause ces dogmes archaïques et parfois violents de ce que le regretté Abdelwaheb Meddeb appelait "la maladie de l’islam", en l’occurrence l’islam politique ».

Ce faisant, le texte a vocation à jeter le doute sur toutes les associations et courants politiques se revendiquant de l’islam, sans que soit faite de distinction avec les groupes terroristes. Il vient en parallèle nier la réalité de l'islamophobie que l'après-Charlie n'a fait pourtant qu'accentuer.

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