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Points de vue

Ramadan 2013 : règlements de compte sur le dos des musulmans

Par Fouad Alaoui*

Rédigé par Fouad Alaoui | Mardi 9 Juillet 2013



Face à ce qui se passe autour de la déclaration du début du mois de Ramadan 2013, je me permets de préciser ce qui suit :

• Il est normal que l’immense majorité des pays musulmans annonce que le début du mois de Ramadan pour cette année est le mercredi 10 juillet. Cela pour une raison simple : il était impossible de voir à l’œil nu le croissant lunaire dans ces pays le lundi soir.

• Il est normal qu’un pays comme la Turquie annonce le début du mois de Ramadan le mardi 9 juillet, pour cette simple raison : la Turquie n’utilise pas la visibilité du nouveau croissant lunaire pour décider le début des mois lunaires, mais plutôt le moment de la naissance de ce croissant. De ce fait, son annonce est et restera antérieure à ceux qui exigent la visibilité de ce croissant lunaire.

• L’avis du Conseil français du culte musulman (CFCM), à l’intérieur duquel se retrouve l’essentiel des composantes musulmanes nationales, se résume à ce qui suit : le mois lunaire débute quand la conjonction a eu lieu (nouvelle lune) et la visibilité est possible dans n’importe quel point du globe terrestre. Cet avis comme les autres ont leurs appuis dans les écoles juridiques musulmanes. Nous sommes ici non pas dans le champ d’une dualité « halal-haram » (licite, non licite), mais plutôt dans une divergence d’avis.

• En revanche, il y a un point sur lequel toutes les écoles juridiques musulmanes sont unanimes : il est interdit aux musulmans dans un même espace géographique de diverger sur le début et la fin de leur jeûne ou de leurs fêtes religieuses.

C’est dans ce sens – et au-delà de mon avis très personnel sur le choix de tel ou tel avis – que je considère qu’il est du devoir de chacun d’entre nous, musulmans de France, d’être unis derrière la décision unanime qui a été celle du CFCM et de ses composantes, avant d’assister à la cacophonie généralisée d’hier soir et de ce matin.

En même temps, je ne peux que regretter le changement de position de dernière minute de la Grande Mosquée de Paris, ainsi que le grand manque de communication des composantes du CFCM auprès de leurs mosquées depuis leur décision du mois de mai 2013, ce qui a laissé le libre champ aux positions individuelles, et à ceux qui utilisent ce moment et ce dossier très émotionnel pour régler leurs comptes avec le CFCM.

Mon vœux le plus cher est que les composantes musulmanes de France et à leur tête le CFCM assument pleinement leurs responsabilités, en faisant preuve de maturité et de sagesse dans leurs prises de position et qu’ils fassent attention à perdre toute crédibilité auprès des musulmans en se montrant hésitants et indécis.

À la confusion généralisée n’ajoutons pas chez les musulmans de France le dépit et la tristesse face à notre désunion.

Bon mois de Ramadan 2013.

* Fouad Alaoui, ancien président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) et ancien vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM).