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Sur le vif

Racisme : des élèves refusent de lire un roman d’un écrivain franco-algérien

Rédigé par Lina Farelli | Mardi 16 Octobre 2018



Racisme : des élèves refusent de lire un roman d’un écrivain franco-algérien
Des élèves de 1re d’un établissement public de Haute-Somme ont refusé la lecture de l'ouvrage intitulé Le porteur de cartable, sous prétexte qu’il a été écrit par un auteur... franco-algérien et qu’il compte quelques mots en arabe.

Ceci aurait dû être un « parcours de lecture » comme un autre. Sauf qu’à la fin du mois de septembre, rapporte La Voix du Nord, quelques élèves d’une classe de 1re ont refusé de lire le livre racontant la rencontre entre deux enfants, l'un porteur de cartables pour le FLN et l'autre pied-noir, en 1962 vers la fin de la guerre d’Algérie.

Dans un mail envoyé à l’auteur Akli Tadjer, l’enseignante a fait part des réflexions racistes que certains élèves ont exprimé. « Il y a eu une levée de boucliers de certains élèves, car l’auteur n’est pas Français, l’histoire ne concerne pas la France (ils ne savaient pas que l’Algérie avait été française) et il y a du vocabulaire en arabe… Un élève a refusé de lire pour ne pas prononcer le nom "Messaoud". J’ai dû l’exclure », a-t-elle affirmé, encore sous le choc du comportement de ces élèves.

Un peu plus loin dans le mail, elle a regretté « des réflexions vraiment racistes » des élèves. « J’ai fait un rappel à la loi et soi-disant des parents vont venir à la réunion parents-profs m’en parler », a t-elle ajouté. Une réunion à laquelle l’auteur va assister pour éviter qu'un tel acte puisse « être mis sous le tapis » pour reprendre les mots de l’auteur qui s'est fendu d'un « Merci Zemmour. Pauvres profs de l'Education Nationale » sur les réseaux sociaux en rapportant l'affaire.

Le nom de l'établissement scolaire est resté inconnu. L’écrivain s’est senti atterré d’une telle expression de racisme dont ces jeunes ont fait preuve. « C’est la première fois que je vis une telle chose aussi violente en 20 ans d’écriture et de rencontres en milieu scolaire », a déploré l’auteur.