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Sur le vif

Quatre Marines inculpés après le massacre d'Haditha

| Vendredi 22 Décembre 2006



Jeudi, quatre Marines ont été inculpés pour meurtres après le massacre d'Haditha en novembre 2005, qui à coûté la vie à au moins 24 civils irakiens, à ce jour le plus grave crime reproché à l'armée américaine en Irak.

Quatre autres Marines, dont deux qui ne se trouvaient pas sur les lieux au moment des faits, devaient également être poursuivis pour ne pas avoir fourni un rapport exact des événements ou pour ne pas avoir correctement enquêté après le drame.

Le 19 novembre 2005, dans le village d'Haditha, à 260 km à l'ouest de Bagdad, une bombe artisanale place sur la route a tué Miguel Terrazaz, qui participait à une patrouille.

Selon les avocats des soldats, des insurgés cachés dans des maisons civiles ont alors commencé à tirer, et un combat s'est engagé, dans le respect des règles d'ouverture du feu fixées par le haut commandement.

Selon l'accusation, il n'y avait pas d'insurgés, mais les soldats se sont lancés dans trois heures de tuerie pour venger leur camarade, tuant même les cinq occupants d'un taxi qui s'approchait du quartier. Parmi les victimes, dix étaient des femmes ou des enfants, tués à bout portant.

Jeudi, les quatre premiers soldats ont comparu devant une cour martiale sur la base militaire de Camp Pendleton (Californie, ouest), où leurs inculpations ont ensuite été annoncées lors d'une conférence de presse.

Le sergent Frank Wuterich, 26 ans, est accusé d'avoir commis personnellement 12 meurtres et d'avoir ordonné à des soldats sous ses ordres de tuer six autres personnes.

Le sergent Sanick Dela Cruz, 24 ans, est accusé de 5 meurtres, le caporal Justin Sharratt, 21 ans, de trois meurtres et le caporal Stephen Tatum, 25 ans, de deux meurtres et de quatre homicides involontaires.

D'autres audiences doivent avoir lieu ultérieurement pour déterminer s'ils doivent être jugés. En attendant, aucun d'entre eux n'est en détention.

Le drame avait été révélé par le magazine Time en mars, obligeant l'armée à ouvrir deux enquêtes interne. La première, sur les faits, a abouti à la procédure judiciaire. Mais les résultats de la seconde, sur les efforts engagés pour éviter le scandale, n'ont pas encore été rendus publics.

Alors que les photos des sévices infligés à des Irakiens dans la prison d'Abou Ghraïb étaient encore dans toutes les mémoires, cette affaire a d'autant plus terni la réputation des quelques 129.000 soldats américains actuellement en Irak qu'elle a été suivie par d'autres crimes.

Quatre soldats et un ancien soldat sont poursuivi dans le Kentucky (centre-est) pour avoir violé et tué une adolescente de 14 ans après avoir assassiné son père, sa mère et sa petite soeur en mars à Mahmoudiyah, au sud de Bagdad. L'un d'entre eux, qui a plaidé coupable, a été condamné en novembre à la réclusion criminelle à perpétuité. Deux autres risquent la peine de mort.

Quatre autres soldats risquent la perpétuité pour l'assassinat de trois prisonniers irakiens lors d'un raid au nord de Bagdad en mai.

A Camp Pendleton, huit soldats sont poursuivis pour la mort d'un civil irakien en avril à Hamdania, au nord de Bagdad, maquillée ensuite en opération contre un insurgé. Quatre d'entre eux ont été condamnés à des peines de 12 à 21 mois de prison, et quatre autres doivent être jugés l'année prochaine.

Six autres Marines sont accusés d'avoir agressé des civils irakiens dans la même ville, 15 jours plus tôt et devraient être jugés prochainement.




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