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Points de vue

Quand commence le mois du Ramadan ? La science et la sagesse

Rédigé par Tariq Ramadan | Mercredi 25 Juin 2014



Quand commence le mois du Ramadan ? La science et la sagesse
« Ô vous doués d’intelligence, peut-être atteindrez-vous la conscience révérencielle de Dieu. » (s. 2, v. 179)
يَا أُولِي الْأَلْبَابِ لَعَلَّكُمْ تَتَّقُونَ

« Et celui à qui la sagesse est offerte, c’est vraiment un bien immense qui lui est offert.
Mais seuls les doués d’intelligence s’en souviennent. »
(s. 2, v. 269)
وَمَن يُؤْتَ الْحِكْمَةَ فَقَدْ أُوتِيَ خَيْرًا كَثِيرًا وَمَا يَذَّكَّرُ إِلَّا أُولُو الْأَلْبَابِ

*****

Les années se suivent et se ressemblent. À quelques jours du début du mois de jeûne, les esprits s’échauffent, les tensions sont vives et les divisions de plus en plus prononcées. Ce sont parfois des pays, ou des conseils juridiques, ou encore des savants qui s’opposent sur la compréhension de certains textes, les méthodes de calcul, le recours aux sciences ou encore les relations aux États.

Les musulmans du monde observent ce spectacle, en ne sachant pas vraiment comment se déterminer. Qui faut-il donc suivre ? Comment se déterminer ? En se référant à son shaykh, à la mosquée locale, à un conseil de savants, au pays où l’on vit, à son pays d’origine, ou encore à l’Arabie Saoudite puisque c’est là que se trouve le centre spirituel de la communauté des croyants ?

La confusion est totale entre des savants divisés et une communauté de fidèles tiraillés. Le tableau est déroutant, attristant même, quand on y ajoute les hésitations et les erreurs qui ont jalonné les décisions de ces dernières années quant à déterminer quel avait été le premier jour du jeûne.

Ce que disent les textes et les savants

Pourtant, les textes relatifs à la détermination du début du jeûne, dans le Coran comme dans la Sunna, sont clairs et laissent peu de place à des interprétations complexes, tronquées, voire ambiguës.

Les cycles sont déterminés :
Le Coran met clairement en évidence la réalité des cycles déterminés :
هُوَ الَّذِي جَعَلَ الشَّمْسَ ضِيَاءً وَالْقَمَرَ نُورًا وَقَدَّرَهُ مَنَازِلَ لِتَعْلَمُوا عَدَدَ السِّنِينَ وَالْحِسَابَ
« C’est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous sachiez le nombre des années et le calcul (du temps). » (s. 10, v. 5)

Le nombre de mois est de douze :
La référence au nombre de mois ne laisse aucun doute dans le texte révélé :
إِنَّ عِدَّةَ الشُّهُورِ عِندَ اللَّهِ اثْنَا عَشَرَ شَهْرًا فِي كِتَابِ اللَّهِ يَوْمَ خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَمِنْهَا أَرْبَعَةٌ حُرُمٌ ذَٰلِكَ الدِّينُ الْقَيِّمُ قيم.
i[« Le nombre de mois, auprès de Dieu, est de douze [mois], dans la prescription de Dieu, le jour où Il créa les cieux et la terre. Quatre d’entre eux sont sacrés : telle est la religion droite. » ]i(s. 9, v. 36)

Les jours sont dénombrés :
Le Coran ici encore fait référence aux jours de jeûne et met en évidence qu’il s’agit de jours tout à fait déterminés et dont on sait qu’il s’agit pour les mois lunaires de 29 ou de 30 jours :
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُتِبَ عَلَيْكُمُ الصِّيَامُ كَمَا كُتِبَ عَلَى الَّذِينَ مِن قَبْلِكُمْ لَعَلَّكُمْ تَتَّقُونَ
أَيَّامًا مَّعْدُودَاتٍ فَمَن كَانَ مِنكُم مَّرِيضًا أَوْ عَلَىٰ سَفَرٍ فَعِدَّةٌ مِّنْ أَيَّامٍ أُخَرَ وَعَلَى الَّذِينَ يُطِيقُونَهُ فِدْيَةٌ طَعَامُ مِسْكِينٍفَمَن تَطَوَّعَ خَيْرًا فَهُوَ خَيْرٌ لَّهُ وَأَن تَصُومُوا خَيْرٌ لَّكُمْ إِن كُنتُمْ تَعْلَمُونَ
« Ô les croyants ! On vous a prescrit le jeûne comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés, peut-être atteindrez-vous la conscience révérencielle de Dieu
Pendant un nombre déterminé de jours. Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage devra jeûner un nombre égal d’autres jours. Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter qu’(avec grande difficulté), il y a une compensation de nourrir un pauvre. Et si quelqu’un fait plus de son propre gré, c’est pour lui ; mais il est mieux pour vous de jeûner, si vous saviez ! »
(s. 2, v. 183-184)

• Il faut voir le hilal (nouvelle lune) selon la tradition prophétique :
Le propos du Prophète (PBDSL) est explicite ici :
صوموا لرؤيته وأفطروا لرؤيته” متفق عليه
« Jeûnez à sa vue (la nouvelle lune) et rompez le jeûne à sa vue. » (rapporté par Bukhari et Muslim)

La formulation générale, dans ce hadith, implique l’idée que l’on ne tient pas compte de la diversité des levants (لا عبرة باختلاف المطالع لعموم الخطاب) comme le relevait le Comité mondial du droit musulman en 1986 déjà.

L’ordre naturel et la haute précision du mouvement des astres :
La formule coranique – où la figure de style amplifie la référence à la précision du calcul (صيغة المبالغة) – donne une information claire sur la précision des mouvements du soleil et de la lune :
الشَّمْسُ وَالْقَمَرُ بِحُسْبَانٍ
« Le soleil et la lune (évoluent) selon un calcul (minutieux). » (s. 55, v. 5)

Les savants musulmans ont toujours tenu compte de l’ordre naturel et ils ont reconnu le bien- fondé des calculs scientifiques se reposant sur le sens du verset susmentionné qui rappelle l’ordre précis et minutieux qui fonde le mouvement des planètes. Les études astronomiques ont d’ailleurs permis de déterminer les horaires des différentes prières et ainsi de respecter au plus près le sens du verset :
إِنَّ الصَّلَاةَ كَانَتْ عَلَى الْمُؤْمِنِينَكِتَابًا مَّوْقُوتًا
« La prière est, pour les croyants, une prescription à accomplir à des moments déterminés. » (s. 4, v. 103)

Au-delà donc de la formule coranique qui affirme qu’il faut commencer le jeûne quand on peut distinguer le fil blanc du fil noir :
كُلُوا وَاشْرَبُوا حَتَّىٰ يَتَبَيَّنَ لَكُمُ الْخَيْطُ الْأَبْيَضُ مِنَ الْخَيْطِ الْأَسْوَدِ مِنَ الْفَجْرِ ثُمَّ أَتِمُّوا الصِّيَامَ إِلَى اللَّيْلِ
« Mangez et buvez jusqu’à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc (de l’aube) du fil noir (de la nuit). Puis accomplissez le jeûne jusqu’à la nuit. » (s. 2, v. 187)
les savants ont admis que les calculs astronomiques liés au mouvement de la Terre et du Soleil nous donnaient la minute exacte à laquelle on devait cesser de manger et à laquelle commençait la prière du matin, comme la détermination de toutes les autres prières du jour et de la nuit d’ailleurs.

Ainsi, la référence au savoir scientifique pour mieux appliquer l’injonction coranique de la prière à l’heure, ou du début ou de la rupture du jeûne, comme de la connaissance du nombre de mois et de jours par mois (29 ou 30 jours lunaires) est très ancienne et n’est jamais apparue comme un problème chez les savants anciens comme modernes, de toutes les écoles de droit et de toutes les traditions.

Ce que disent la science et les scientifiques

L’astronomie a beaucoup évolué et est devenue une science qui a développé des moyens impressionnants d’observation de l’Univers avec des instruments qui permettent de suivre précisément le mouvement des planètes, de situer leur évolution dans le firmament, et de calculer à la minute près la position de l’une vis-à-vis de l’autre.

Ainsi, les astronomes peuvent indiquer avec la plus haute précision le moment de la conjonction (l’alignement du Soleil, de la Terre et de la Lune). Cette conjonction marque la fin du mois lunaire et donc le début du nouveau mois. Les scientifiques peuvent déterminer le jour et l’instant exacts de ladite conjonction pour une centaine d’années à venir, voire davantage.

La détermination scientifique de la conjonction ne suffit pas d’un point de vue islamique (selon la majorité des savants) puisque le hadith est clair et exige que celle-ci puisse être vue par les hommes. C’est la vision de la nouvelle lune, où que ce soit sur la Terre, qui marque le début du nouveau mois lunaire pour les croyants.

En tenant compte de cette exigence, les scientifiques sont à même de nous dire quelles sont les conditions objectives qui rendent la vision possible par les hommes (à l’œil nu ou au moyen d’un télescope). Outre le fait que la conjonction doit avoir lieu avant le coucher du soleil pour être vue, les astronomes ont déterminé les conditions suivantes :
1. La disparition de la lune doit avoir lieu après le coucher du soleil ;
2. L’inclinaison de la lune par rapport à l’horizon ne doit pas être inférieure à 5 degrés ;
3. Le secteur angulaire ne doit pas être inférieur à 8 degrés.

Ainsi, on le comprend, le calcul astronomique n’est pas utilisé de façon exclusive sans considération de la visibilité mais comme la référence scientifique qui permet de déterminer, avec la plus grande précision, quand la vision est objectivement possible (ou impossible) et à n’importe quel endroit de la surface de la Terre.

Les bienfaits de cette approche

Il s’agit donc de considérer les textes avec sérieux et fidélité. La vision est essentielle où que ce soit sur la Terre et le savoir scientifique, fondé sur des calculs précis, nous permet de déterminer quand et où cette vision sera possible. Ainsi, le savoir scripturaire et le savoir scientifique se complètent afin de permettre une fidélité stricte et profonde à l’injonction divine.

Les bienfaits de cette approche, au-delà de cet essentiel principe de l’union des exigences révélées et des savoirs scientifiques, est de permettre d’atteindre une certitude supérieure quant à déterminer le début des mois lunaires − ce que permet la science astronomique aujourd’hui puisqu’on peut désormais prendre une photographie de l’instant précis de la conjonction − et, de surcroît, d’unir les musulmans à travers le monde.

On doit ajouter que, sur le plan très concret, cela permet aux musulmans d’organiser, à l’avance, leur vie sociale et professionnelle, individuelle et collective, de façon unie, confiante et assumée, en évitant les disputes juridiques ou les conflits de pouvoir entre des savants, des écoles de droit ou des États. Le savoir scientifique astronomique nous permet aujourd’hui d’unir les musulmans sur la base d’une fidélité savante à l’exigence stricte de la Révélation.

Ainsi, la conciliation des savoirs religieux et scientifiques, l’unité des musulmans à travers le monde et la prévisibilité de l’organisation des affaires musulmanes sont les trois acquis déterminants de cette approche.

Nous savons combien le temps du pèlerinage est un moment qui unit les musulmans à travers le monde. Il s’agit du même principe quant au calcul astronomique et donc une approche cohérente pour l’ensemble des mois, dont le Ramadan, serait de nature à clarifier et à nous unir sur des bases claires et acceptées.

Les critiques et leurs justifications

Les critiques et les controverses sont nombreuses et, depuis des années, les écoles de pensée, les savants et même les États se disputent quant à la méthode à utiliser pour déterminer le début du mois du Ramadan.

Parmi les arguments avancés par ceux qui critiquent le recours au savoir scientifique, on trouve des considérations qui ne tiennent pas face au débat de fond et aux principes mêmes de l’islam. Les arguments plus courants sont les suivants :

1. Le hadith (tradition prophétique) est clair et parle de la vision en mentionnant le seul œil humain : on ne devrait donc pas se référer au calcul scientifique. Cette compréhension du hadith est tronquée et réductrice puisque le Prophète (PBDSL) fait référence au moyen à disposition de l’homme à son époque pour déterminer la nouvelle lune.

Le Coran est pourtant clair :
الشَّمْسُ وَالْقَمَرُ بِحُسْبَانٍ
« Le soleil et la lune (évoluent) selon un calcul (minutieux) » (s. 55, v. 5)
et si des moyens scientifiques nous permettent de mieux connaître le mouvement des planètes et l’entrée exacte dans le nouveau mois, il est de notre devoir − et de la sagesse collective − de faire usage de ces moyens. C’est ce que nous faisons, rappelons-le, pour la détermination de tous les horaires de prière.

2. D’aucuns ont avancé l’idée que les musulmans forment une communauté de foi qui doit s’appuyer sur les connaissances et les moyens naturels et simples car, comme le dit le Prophète (PBDSL), dans le hadith authentique :
إنا أمة أمية لا نكتب ولا نحسب،الشهر هكذا وهكذا البخاري
« Nous sommes une communauté illettrée, nous n’écrivons pas et ne comptons pas, le mois est ainsi et ainsi. »

Ainsi, il ne pourrait être question de se référer aux calculs astronomiques qui sont en contradiction avec le sens apparent du hadith ci-dessus. C’est la lecture réductrice de ce hadith qui, bien plutôt, s’oppose aux enseignements fondamentaux de l’islam avec son appel à la lecture, au savoir, à la connaissance et à la compréhension du monde.

Le Prophète (PBDSL) faisait simplement référence à la situation spécifique de sa communauté à son époque et non pas à ce qui devait définir sa communauté à travers le temps. L’histoire de la civilisation islamique montre exactement le contraire que cette référence à l’ignorance par l’esprit scientifique qui s’est développé dans tous les domaines du savoir, de la médecine à l’astronomie, en passant par l’architecture et les arts.

Encore une fois les musulmans se réfèrent sans contestation à l’astronomie pour la détermination des horaires de prières et ce hadith n’a jamais été invoqué en ce sens.

3. On a entendu l’argument que « le jour du doute » faisait partie intégrale de la préparation au jeûne du Ramadan et mettait les fidèles dans un état psychologique particulier. Outre le fait qu’aucun texte révélé et aucune tradition du Prophète (PBDSL) ne vient confirmer cette idée que le doute serait partie intégrante de la préparation au jeûne, on comprend que le « jour du doute » est simplement la conséquence des hésitations liées à la vision à l’œil nu et n’a donc aucune vertu spirituelle.

Plus profondément, l’état des sociétés et des communautés musulmanes à travers le monde nous prouve que la situation actuelle est porteuse de plus de troubles, de divisions et de crispations qui perturbent la bonne préparation au jeûne, plus qu’elle ne permet la méditation et le calme.

4. Certains savants ont avancé l’idée qu’il fallait que la vue soit vérifiée dans chaque pays ou région, d’autres ont affirmé que ce devait être en Arabie Saoudite puisqu’il s’agit du centre de la communauté des croyants, d’autres enfin ont défendu l’idée qu’il fallait suivre les premiers qui ont pu déterminer la vue où que ce soit dans le monde.

Au cœur du flou de ces opinions juridiques, on assiste à des conflits de pouvoirs, à des rivalités informelles entre les États défendant leur autorité à déterminer le début du Ramadan. Nous ne sommes plus du tout dans le débat juridique sur l’interprétation approfondie et sage des textes, mais dans des luttes de pouvoir malsaines et en complète contradiction avec l’appel à l’unité qui est au cœur de l’islam :
وَاعْتَصِمُوا بِحَبْلِ اللَّهِ جَمِيعًا وَلَا تَفَرَّقُو
« Attachez-vous fermement au pacte de Dieu et ne vous divisez pas » (s. 3, v.103).

La tradition prophétique (hadith) sur la vue de la nouvelle lune a une portée générale sur laquelle les savants (lors d’une session du Comité mondial du droit musulman en 1986, comme nous l’avons dit) sont tombés d’accord : il s’agit de suivre ceux qui les premiers ont vu la nouvelle lune où que ce soit sur la surface de la Terre. Cela permet, a fortiori, d’unifier tous les musulmans du monde qui arriveront naturellement à une concordance sur le temps du pèlerinage qui doit forcément être le même pour tous. La cohérence et l’unité sont ici des acquis primordiaux.

On le voit les critiques sont peu cohérentes et très faibles face à l’analyse des textes révélés, des traditions prophétiques (ahadîth) et de l’héritage de la pensée musulmane (turâth). Au nom d’analyses superficielles, d’interprétations tronquées et de luttes de pouvoir et de représentativité stériles, on assiste à des divisions et à des fractures au sein de la communauté qui sont graves, contre-productives et qui minent l’unité de la communauté spirituelle des musulmans à travers le monde.

Pour une communauté de foi qui dit célébrer l’unité et le savoir, il est triste de constater que c’est l’inverse qui se produit chaque année : des divisions sans fin parce que des leaders et des savants refusent d’utiliser à bon escient les moyens scientifiques de leur époque qui permettraient de les unir et de se concentrer sur l’essentiel de l’expérience spirituelle du jeûne.

Conclusion

Il faut appeler les musulmans au savoir et à la sagesse. Notre religion exige que nous fassions usage du savoir dans le bien et que nous nous appuyions sur nos connaissances pour avancer.

La grande période de la civilisation musulmane était fondée sur cette fusion : un foi profonde, une curiosité intellectuelle et scientifique et un questionnement éthique sur les finalités des savoirs et de leur usage. Il est l’heure que nous nous réconciliions avec l’énergie spirituelle et intellectuelle de l’origine. Une science utilisée avec conscience est une célébration de l’âme.

Si les savants n’osent pas, si les États s’opposent à cause de vils calculs politiques, si les institutions sont frileuses, il appartient aux fidèles ordinaires, aux femmes et aux hommes, de s’engager sur ce chemin, de suivre la voie de la fidélité aux textes en s’appuyant sur les données scientifiques et de pousser les oulémas et les États à reconsidérer leurs positions.

Cela commence par cesser de se plaindre de l’incompétence des uns et des autres, alors que soi-même on fait le choix de suivre aveuglément son pays, un savant ou la majorité sans considérer les arguments et les données objectives. L’histoire de la pensée et du droit islamiques a vu des savants et des États reconsidérer leurs positions officielles sous la pression des fidèles. Il est l’heure de faire des choix en connaissance de cause en pariant, à long terme, sur le savoir et la sagesse qui finiront, insha Allah, par unir les musulmans.

On a vu l’année dernière encore des autorités musulmanes reconnaître qu’ils avaient sans doute fait une erreur sur le début du Ramadan. On a évité la catastrophe car, le mois lunaire ayant été de 30 jours, on a pu s’en tenir aux 29 jours admissibles. C’était en 1434H/2013... Et nous ne sommes pas sortis de ces débats qui recommencent à nouveau à quelques jours du début du Ramadan de 1435H/2014. Triste spectacle.

Le calcul astronomique, sur la base de tous les éléments et de toutes les conditions susmentionnés, nous informe que la vision de la nouvelle lune sera possible le vendredi 27 juin dans un certain nombre pays d’Amérique latine et en Polynésie française. Le premier jour du mois de Ramadan sera donc le 28 juin 2014. La fête, Aïd al-Fitr, selon les mêmes calculs et données, aura lieu le lundi 28 juillet 2014. Insha Allah.

Nous avons besoin de sagesse pour nous unir, faire un meilleur usage de la science et des savoirs, et ce, bien sûr, pour répondre comme il se doit à l’appel du Très-Haut.

Et Dieu est le plus Savant, le plus Élevé et le plus Sage.

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Tariq Ramadan est, notamment, professeur d’études islamiques contemporaines à l’université d’Oxford (Royaume-Uni) et senior research fellow à l’université de Doshisha, à Kyoto (Japon). Il est également directeur du Centre de recherche sur la législation et l’éthique Islamiques (CILE), à Doha (Qatar). Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Dernier ouvrage paru : Au péril des idées (Presses du Châtelet, 2014).
Première parution de cet article sur tariqramadan.com