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Sur le vif

Pays-Bas : une église en office religieux en continu pour protéger une famille de l’expulsion

Rédigé par Lina Farelli | Lundi 26 Novembre 2018



Pays-Bas : une église en office religieux en continu pour protéger une famille de l’expulsion
Menacée d’expulsion, la famille Tamrazyan, originaire d’Arménie, bénéficie aujourd’hui aux Pays-Bas d’un bel élan de solidarité de la communauté protestante du pays. L'église protestante de Bethel, à La Haye, avec le concours de centaines de pasteurs néerlandais, organise depuis un mois des offices en continu, en vertu d'une loi empêchant la police et autres forces de l'ordre de pénétrer dans un lieu de culte en plein office.

Après sept ans de procédures et neuf ans de présence au total aux Pays-Bas, le tribunal avait accordé l’asile à la famille Tamrazyan, dont le père, militant politique, a été la cible de menaces de mort en Arménie. Mais la famille a reçu l'ordre de quitter le territoire néerlandais après que le gouvernement néerlandais ait fait appel du jugement, malgré les tentatives des demandeurs d'être éligibles au programme « Children’s Pardon » permettant aux familles ayant vécu aux Pays-Bas pendant plus de cinq ans d’obtenir un permis de séjour.

Pour honorer l’esprit d’entraide et de solidarité intrinsèque aux valeurs protestantes, l’église de Bethel a décidé de prendre sous son aile la famille arménienne. C’est de là qu’est née une initiative inédite permettant aux Tamrazyan de rester aux Pays-Bas. « Aux Pays-Bas, une loi interdit à l’État d’intervenir dans un lieu de culte lorsqu’un culte est en cours. Alors nous avons décidé d’officier en continu, jour et nuit », a expliqué auprès du HuffPost le pasteur Derk Stegeman.

Si, aujourd’hui, l’église peut organiser des offices en continu, c’est bien parce que des centaines de pasteurs se relayent. « Au début, on était un petit cercle, mais l’Église nationale a eu vent de l’histoire et a décidé de nous soutenir. Désormais, il y a plus de 400 pasteurs venus de tous les pays qui viennent nous aider pour cet office continu », a affirmé Derk Stegeman.

Néanmoins, il reconnait la difficulté pour la famille de vivre dans le petit espace d’une maison au sein de l’édifice. Même si l’église reçoit « de nombreuses aides volontaires » et qu’aucune date limite de la durée de cet asile n’a été fixée, le pasteur « espère qu’une solution va être trouvée » et que cette situation peu commune ouvre la voie à « une discussion sincère avec les autorités nationales afin de trouver une solution humaine ».