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Sur le vif

Orléans : le maire en croisade contre les sans-papiers

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 9 Avril 2014



Une décision inédite en France prise par le maire UMP d’Orléans (Loiret) suscite la controverse. Réélu dès le premier tour pour un troisième mandat, Serge Grouard a décidé de nommer un adjoint à la « lutte contre l'immigration clandestine ».

Faisant fi que cette prérogative qui incombe à l’Etat, l'édile s’est attiré les foudres des associations d’aide aux sans-papiers et de l’opposition municipale. Lors de la séance d'installation du conseil municipal le 30 mars, les socialistes et écologistes ont ainsi dénoncé l'initiative. Le sénateur PS du Loiret, Jean-Pierre Sueur, a annoncé, lundi 7 avril, avoir saisi le ministre de l'Intérieur pour contester la décision de Serge Grouard. « La lutte contre l'immigration clandestine relevant des compétences et prérogatives de l'Etat, il est pour le moins contestable qu'un maire confie à un élu une délégation dans ce domaine », argue le sénateur également président de la commission des lois du Sénat.

« Je traite les problèmes et, depuis quelque temps, l'Etat ne fait plus appliquer la loi », se défend de son côté le député-maire d’Orléans, qui avait annoncé une telle mesure dans son programme distribué lors de la campagne municipale. « La lutte contre l’immigration clandestine n’est pas de la compétence du maire mais nous allons néanmoins poursuivre la lutte contre les mariages blancs et les fausses demandes de séjour », pouvait-on lire dans son tract.

Dans la pratique, la municipalité devrait agir sur « la délivrance des attestations d'accueil aux étrangers, celle des cartes de résidents de plus de 10 ans et les demandes de regroupement familial » explique Olivier Geffroy, l'adjoint à la sécurité du maire, dans une interview accordée à La République du Centre.

L'annonce de cette mesure controversée coïncide avec l’entrée de trois conseillers municipaux FN à Orléans. Interrogé sur cette concomitance, le maire nie tout lien. Cela n’a « rien à voir », dit-il. En mars 2013, il s’était déjà illustré en empêchant l’implantation d’une école musulmane dans sa ville en invoquant la « laïcité ».

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