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Politique

Municipales 2026 : ce qu'il faut retenir du dernier scrutin avant la présidentielle

Rédigé par Lina Farelli | Lundi 23 Mars 2026

           

Quel bilan retenir au lendemain des élections municipales qui se sont tenues en France dimanche 15 et dimanche 22 mars ? Zoom.



Les élections municipales ont livré leur verdict au soir du second tour dimanche 22 mars. L'un des premiers enseignements à retenir est le fort taux d'abstention, qui s'élève à 43 %. Le taux de participation (57 %) est resté globalement stable par rapport au premier tour, mais il a nettement baissé par rapport à 2014 (62 %).

Le taux d'abstention constatée cette année (43 %) est même la plus importante pour un second tour d’élections municipales dans l’histoire de Ve République, à l'exception de l'année 2020 (41,6 %), marquée par la crise de la COVID-19. Bien que la participation ait été forte dans certaines villes où les enjeux politiques étaient importants, la progression générale de l'abstention signe un désamour plus marqué des Français pour la classe politique jusqu'à l'échelle locale.

Ce qu'il faut retenir des résultats

Après Saint-Denis, Roubaix est tombé entre les mains de La France Insoumise (LFI). Il s'agit de la deuxième plus grande ville de France à être désormais dirigée par un maire - le député David Guiraud - affilié au parti de Jean-Luc Mélenchon. LFI fait « une entrée fracassante dans les conseils municipaux », selon les mots de coordinateur national, Manuel Bompard.

« La gauche de rupture se renforce », a estimé le député. LFI a notamment gagné Le Tampon (La Réunion), Creil et Venissieux mais n'a, en revanche, pas emporté son pari à Limoges et surtout à Toulouse, où l'alliance locale avec le PS, pourtant bien partie pour gagner, a échoué à faire tomber le maire sortant de droite Jean-Luc Moudenc.

En face, le Rassemblement national (RN) compte lui aussi davantage d'élus locaux qu'en 2020. La progression de l'extrême droite est nette, comme pour LFI. Plusieurs dizaines de villes comme La-Seyne-sur-Mer, Carcassonne et Castres sont désormais dirigées par le RN, qui peut aussi compter sous son giron Nice. Eric Ciotti, allié au parti de Marine Le Pen sous la bannière Union des droites de la République (UDR), a remporté la mairie face à son ex-allié Christian Estrosi.

Les villes de Perpignan, Fréjus et Hénin-Beaumont sont restées RN dès le premier tour du scrutin. Toutefois, le RN échoue à rafler les villes de Toulon, Nîmes ou encore Marseille. C'est le maire socialiste sortant Benoît Payant, qui a refusé toute alliance avec LFI, qui a fini par obtenir la majorité des suffrages (53 %).

Un avant-goût de la présidentielle

Le parti Les Républicains (LR) sort renforcé des élections municipales. S'il a échoué à Paris, il se maintient dans des villes comme Limoges et Toulon. Plusieurs grandes villes ont même basculé à droite comme Clermont-Ferrand, qui était à gauche depuis plus de huit décennies. Du côté du bloc dit central et divers droite, Edouard Philippe (Horizons) s'est maintenu au Havre mais François Bayrou (Modem) a perdu Pau, à la suprise générale, face au socialiste Jérôme Marbot.

Le PS a tenu bon à l'issue des élections municipales, particulièrement dans de grandes villes. Outre Marseille, il s'est assuré d'une importante victoire à Paris. Malgré la présence au second tour de Sophia Chikirou au nom de LFI et le ralliement du candidat centriste Pierre-Yves Bournazel à Rachida Dati (LR), Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo, est arrivé en tête de la course dans la capitale (50,5 %). A Lille, Arnaud Deslandes a gagné contre une liste menée par les Insoumis, tandis que Michaël Delafosse a été réélu maire à Montpellier. Tous ces socialistes ont en commun d'avoir refusé toute alliance avec LFI au second tour.

En parallèle, les écologistes reculent avec la perte de plusieurs villes importantes comme Strasbourg, Bordeaux, Besançon et Poitiers. Ils gardent tout de même Grenoble, Tours et surtout Lyon, Gregory Doucet étant arrivé en tête de justesse (50,6 %) face à l'ancien patron de l'OL, Jean-Michel Aulas. Si l'union des gauches a fonctionné à Lyon, elle est loin d'avoir été couronnée de succès partout ailleurs, ce qui amène déjà à de violents règlements de compte entre socialistes et insoumis pour se rejeter la faute des échecs. De quoi entretenir un vif débat sur la stratégie à tenir pour les gauches lors de l'élection présidentielle en 2027, au bénéfice de la droite et surtout de l'extrême droite.