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Sur le vif

Moscou : un responsable associatif musulman sauvagement assassiné

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 12 Avril 2012



Un responsable du milieu associatif musulman russe, Metin Mekhtiev, a été sauvagement agressé et égorgé à Moscou dans la nuit de mardi 10 au mercredi 11 avril. Le jeune homme de 33 ans, ancien responsable de l'Institut de culture islamique de Moscou, a été trouvé mort dans une cour du centre de la capitale avec des blessures à l'arme blanche au front et au cou, a indiqué le Comité d'enquête russe dans un communiqué.

Cet organe en charge des enquêtes criminelles a affirmé que la principale hypothèse était celle d'une agression ayant eu le vol pour mobile. Le jeune homme avait sur lui un téléphone portable, un porte-monnaie avec l'équivalent de 150 euros, et les clés d'un appartement de location, qui ont disparu. Mais les témoignages et les protestations se sont multipliés pour contester cette version.

Le Conseil des muftis, la plus haute instance musulmane en Russie, a dénoncé un meurtre raciste commis probablement par des nationalistes. Selon un témoin, l'homme qui a égorgé M. Mekhtiev a froidement essuyé son couteau sur sa manche après lui avoir tranché la gorge.

Le Conseil s'est adressé au procureur général russe pour lui demander de veiller personnellement à ce les enquêteurs prennent en compte la probabilité de l'implication d'extrémistes nationalistes. M. Mekhtiev avait déjà fait l'objet d'une agression d'ultra-nationalistes en 2003, à l'issue de laquelle il avait été hospitalisé.

M. Mekhtiev est décrit par son entourage un jeune homme éduqué et d'une honnêteté totale, une personnalité connue du milieu musulman à Moscou qui aidait à l'intégration des Caucasiens dans la capitale. Il travaillait notamment avec le Centre caucasien de défense des droits de l'Homme et nombre d'autres associations, a souligné le Conseil des muftis.

La Russie a connu ces dernières années une montée de la xénophobie, du nationalisme russe et de nombreuses agressions ainsi que des meurtres, dans lesquels la police refuse souvent de voir le mobile du racisme.