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Sur le vif

Les 'six' révisent leurs conditions préalables posées à Téhéran

| Samedi 21 Juin 2008



Six grandes puissances ont proposé à l'Iran des pourparlers préliminaires sur ses activités nucléaires s'il gelait pendant six semaines sa capacité d'enrichissement de l'uranium à son niveau actuel en échange d'un gel des nouvelles sanctions envisagées à son encontre, déclarent des diplomates.
De même source, on précise que le haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solana, a formulé cette proposition aux dirigeants lors de sa visite à Téhéran, la semaine dernière.
L'idée n'est pas neuve, puisqu'une initiative du même type avait été lancée par Solana l'an dernier, mais elle a été rendue plus claire et plus attractive dans le souci de prévenir un nouvel échec.
Au cours de son déplacement, Solana a remis la nouvelle offre de coopération des "Six" (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité - France, Grande-Bretagne, États-Unis, Chine, Russie - plus l'Allemagne) en échange d'une suspension du programme nucléaire iranien.
Depuis, le ministre iranien des Affaires étrangères a dit que son pays était prêt à négocier mais que Téhéran ne renoncerait pas à l'enrichissement d'uranium.
Les grandes puissances soupçonnent l'Iran de chercher à développer un arsenal atomique, alors que Téhéran assure n'avoir pour objectif que de produire de l'électricité.

Selon les termes de la proposition "gel contre gel", l'Iran serait tenu de ne pas accroître ses capacités d'enrichissement d'uranium pendant les six semaines de discussions préliminaires.
La République islamique dispose aujourd'hui de quelque 3.600 centrifugeuses, contre 300 il y a seulement deux ans, et bénéficie d'un moyen de pression sur les grandes puissances avec la flambée des cours du pétrole.
En échange, les "six" renonceraient, pendant ces six mêmes semaines, à adopter de nouvelles sanctions contre l'Iran, comme le demandent les États-Unis.
Les discussions préliminaires qui se tiendraient durant cette période permettraient de poser les bases de négociations formelles sur les mesures incitatives proposées par les "six".
Ces pourparlers formels auraient lieu dans les six mois, et Téhéran serait invité à suspendre l'enrichissement pendant cette période, précisent les diplomates sous le couvert de l'anonymat.
L'Iran a fait savoir jeudi qu'il étudierait les propositions des "six", à l'exception du gel de l'enrichissement d'uranium.
"Nous poursuivons notre travail", a dit le ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki.
"Chaque jour notre technologie nucléaire progresse, et cela nous donne le dessus dans les discussions", a-t-il ajouté. Des analystes soulignent l'habileté des Iraniens à exploiter les impasses diplomatiques.
Malgré ces commentaires, un diplomate européen a souligné que Téhéran n'était "plus aussi dédaigneux qu'avant. Ils nous ont dit qu'ils étudieraient le détail. L'idée de commencer par un gel au niveau actuel de l'enrichissement (existe)".
Les mesures incitatives présentées par Solana suggèrent également que l'Iran puisse poursuivre ses activités de recherche et développement dans le domaine nucléaire, "au fur et à mesure que la confiance sera rétablie", même dans le cadre d'une interruption du programme.
L'Iran a aussi prévenu que sa réponse aux propositions des "six" n'interviendrait pas dans l'urgence, en réaffirmant qu'il ne craignait pas les sanctions prévues à son encontre.
S'ils affirment privilégier la voie diplomatique, les États-Unis n'excluent pas de recourir à une intervention militaire pour faire plier Téhéran.
Vendredi, l'ambassadeur russe à l'Onu, Vitali Tchourkine, a mis en garde les autres puissances contre une intervention militaire, jugeant qu'elle nuirait fortement aux négociations.
Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed ElBaradeï, a quant à lui prévenu qu'il quitterait son poste en cas d'attaque militaire contre l'Iran.




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