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Sur le vif

Les religieux multiplient les critiques

| Mardi 2 Octobre 2007



Les représentants religieux multiplient les critiques à l'encontre du projet de loi sur l'immigration qui vise à durcir les conditions du regroupement familial, haussant particulièrement le ton contre la proposition d'instaurer des tests ADN.

La Conférence des évêques, instance dirigeante de l'Eglise catholique française a déploré lundi la mise en place de "mesures toujours plus restrictives" contre les migrants", y voyant des "concessions à une opinion dominée par la peur plutôt que par les chances de la mondialisation".

"Si nous comprenons le souhait du gouvernement de mieux adapter l'immigration aux besoins et à la capacité d'accueil du pays, il ne nous paraît ni convenable ni conforme à nos valeurs chrétiennes de vouloir contingenter l'exercice du droit des étrangers à vivre en famille", a souligné la Fédération protestante de France, dans un communiqué.

Le Centre d'Action sociale protestant, la Cimade, la Fédération de l'Entraide protestante, la Fondation de l'Armée du Salut, la Mission populaire évangélique de France se sont associés à ce texte.

Autre projet qui suscitent les critiques des religieux: l'imposition de tests ADN aux candidats au regroupement familial.

Les évêques dénoncent "le risque d'une grave dérive sur le sens de l'homme et la dignité de la famille".

La Fédération protestante se déclare, elle, "choquée" par "cette intrusion dans la vie privée et l'intimité des familles". "Tout comme il est choquant de constater que la représentation nationale accepterait une telle intrusion dans la vie des familles étrangères alors qu'elle le prohibe à l'égard des familles françaises".

Le recteur de la mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, a pour sa part écrit la semaine dernière au président du Sénat, Christian Poncelet: "notre humanisme profond de musulman est heurté par ce recours banalisé à l'ADN".

Rappelant que "le cadre légal a été fixé par les lois bioéthiques de 1994", le recteur estime que "l'identification par empreinte génétique n'est pas à la libre disposition des personnes (...) Ce qui est une infraction pour l'ensemble des citoyens, deviendrait la règle recommandée pour les étrangers", regrette M. Kabtane,.

La Fédération protestante, la Cimade et de nombreuses associations s'occupant des droits des étrangers dénoncent également "la réduction de moitié du délai --d'un mois à quinze jours-- pour que les demandeurs d'asile puissent saisir la commission des recours des réfugiés".

Enfin, un autre amendement, passé inaperçu lors de son adoption par l'Assemblée, a suscité la réprobation générale des associations, car, soulignent-elles, il "vise à exclure les sans-papiers du dispositif d'hébergement d'urgence et de stabilisation".

Cet après-midi, les sénateurs examineront en séance le projet de loi sur l'immigration de Brice Hortefeux, adopté le 20 septembre à l'Assemblée.




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