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Sur le vif

Les enfants d'immigrés, victimes d'une école inégalitaire

Rédigé par La Rédaction | Mardi 3 Décembre 2013



Les résultats de l’enquête Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publiés mardi 3 décembre, font grand bruit.

La dernière étude effectuée sur l'année 2012 montre une baisse de performance des élèves français de 15 ans en mathématiques. Dans le classement mondial établi, la France se place à la 25e place sur 65 pays, soit trois places en moins comparé à la dernière étude menée en 2009. Toutefois, les résultats concernant la compréhension de l'écrit des élèves restent à l'identique avec une 21e place et ceux de la culture scientifique sont même en légère hausse (26e contre 27e place).

Mais la France a surtout de quoi rougir de cette étude, car les inégalités perceptibles dans son système scolaire sont mises en évidence. L'écart de niveau entre les élèves issus de milieux favorisés et ceux de milieux défavorisés est de plus en plus important. Le système scolaire français s'est « dégradé » et compte « beaucoup plus d’élèves en difficulté », constate l'OCDE. La France est l'un des pays où les disparités socio-économiques sont les plus visibles. « Ainsi, en moyenne dans les pays de l'OCDE, 26 % des élèves les plus défavorisés obtiennent de très bonnes performances aux évaluations PISA, contre 22 % en France », est-il noté.

« Les élèves issus de l'immigration représentent en France 15 % des élèves testés » mais « sont au moins deux fois plus susceptibles de compter parmi les élèves peu performants », est-il également constaté. « Même après contrôle du milieu socio-économique, en France, les élèves issus de l'immigration accusent des scores en mathématiques inférieurs de 37 points à ceux des élèves autochtones, soit presque l'équivalent d'une année études », ajoute l'OCDE.

« En France, le système d'éducation est plus inégalitaire qu'il ne l'était 9 ans auparavant. En d'autres termes, lorsqu'on appartient à un milieu défavorisé, on a aujourd'hui moins de chances de réussir en France qu'en 2003 », déplore l'organisation.

« C’est le point embêtant pour le système français. Cela fait des années qu’on en parle et on a l’impression d’une fatalité : il y a des inégalités et on ne peut pas forcément agir dessus. Or, des pays comme le Portugal, l’Allemagne, la Pologne ou l’Estonie ont fait des réformes axées sur les inégalités. Il y a une volonté, dans certains pays, de lutter contre ces inégalités et d’investir là où elles sont concentrées », a commenté Eric Charbonnier, expert à l’OCDE. « La France est en train d’activer des pièces du puzzle, par exemple en revoyant la formation initiale des enseignants dans le sens de ce qui marche dans un certain nombre de pays. Mais d’autres sont allés plus loin, en revoyant aussi la formation continue ou l’accompagnement des jeunes enseignants par du tutorat », a-t-il ajouté.

« Il y a un impératif national à se saisir des inégalités », a réagi Vincent Peillon, le ministre de l'Education, qui a du pain sur la planche pour changer la donne en profondeur.

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