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Sur le vif

Le triomphe à Cannes du cinéaste engagé Ken Loach, Palme d'or 2016

Rédigé par Saphirnews | Lundi 23 Mai 2016



Le triomphe à Cannes du cinéaste engagé Ken Loach, Palme d'or 2016
Le réalisateur britannique Ken Loach est entré dans le cercle très fermé du double palmé d'or en remportant, dimanche 22 mai, la Palme d’Or du Festival de Cannes pour son film Moi, Daniel Blake. Le film traite de la misère sociale et des aberrations de l’administration en Grande-Bretagne. On y suit Daniel Blake, un quinquagénaire de Newcastle dans l’impossibilité de travailler pour des problèmes cardiaques mais à qui on refuse l’attribution d’une pension d’invalidité. L’homme se lie d’amitié avec une mère célibataire qui lutte également face aux services sociaux pour conserver la garde de ses enfants.

Dix ans après le Vent se lève qui traitait de la d’indépendance irlandaise et pour lequel il avait remporté la Palme d'or, le cinéaste a prononcé un discours retentissant au moment de recevoir son prix. Rappelant que le cinéma doit apporter du rêve mais aussi représenter le monde tel qu’il est, il a voulu alerter et conscientiser son auditoire sur la conjoncture sociale actuelle.

« Nous sommes au bord d'un projet d'austérité, qui est conduit par des idées que nous appelons néo-libérales qui risquent de nous mener à la catastrophe. Ces pratiques ont entraîné dans la misère des millions de personnes, de la Grèce au Portugal, avec une petite minorité qui s'enrichit de manière honteuse », a-t-il lancé.

Moi, Daniel Blake n’est que la dernière production d’une longue série de films engagés réalisés par Ken Loach. « Le cinéma est porteur de nombreuses traditions, l'une d'entre elles est de présenter un cinéma de protestation, un cinéma qui met en avant le peuple contre les puissants, j'espère que cette tradition va se maintiendra », explique le Britannique.

Agé de 80 ans, il a pris part à de nombreux combats militants parmi lesquels la cause palestinienne. En 2006, il rejoint le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS). Trois ans plus tard, il participe au Tribunal Russell sur la Palestine. L’an dernier, il a lancé un appel conjointement signé avec plus de 600 artistes pour une rupture totale et complète des relations professionnelles et culturelles avec Israël. Il est un des parrains du Festival Ciné-Palestine qui lance sa deuxième édition lundi 23 mai.

Auteur du film Looking for Eric autour de la figure d’Eric Cantona, il a prouvé la diversité de ses engagements grâce à une filmographie riche. La réinsertion des anciens détenus avec Riff-Raff, les conséquences de la guerre d’Espagne avec Land and Freedom ou sur les dockers de Liverpool avec The Flickering Flame.

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