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Sur le vif

L’errance de l’Aquarius fait réagir la Corse, prête à l’accueil des migrants

Rédigé par | Mercredi 13 Juin 2018



L’errance de l’Aquarius fait réagir la Corse, prête à l’accueil des migrants
Des conditions météo qui se dégradent, des vivres qui se font rares ; ajoutez à cela le refus d'accueil de l’Italie et de Malte, le silence du gouvernement français et la distance à parcourir jusqu’en Espagne. Le sort de l’Aquarius, le navire de l'ONG SOS Méditerranée transportant quelque 629 migrants partis de Libye, était incertain jusqu’à ce que les autorités espagnoles donnent leur accord au bateau d'accoster dans le port de Valence.

Avant la décision de l'Espagne d'accueillir le navire, le chef de l’exécutif corse, Gilles Simeoni, a marqué son opposition au silence du gouvernement français dans cette affaire en se disant prêts à accueillir les migrants.

« Cette offre est un réflexe spontané de notre part, envers des gens qui se trouvent en détresse si près de nos ports », a-t-il indiqué à Libération mardi 12 juin. « On nous dit que ce sera difficile à gérer, qu’il faudra réquisitionner des hôtels, que nous n’avons pas la compétence pour prendre cette décision. Mais moi, la compétence, je la prends », a affirmé Gilles Simeoni.

« Il s’agit d’abord d’offrir une escale, de ne pas laisser ces gens errer en pleine mer. Après, sur la plus longue durée, on peut réfléchir différemment. Pour l’instant, on dit à l’État : nous sommes prêts, et vous ? », poursuit le chef de l’exécutif corse, qui ne cache pas qu'il s'agit d'un acte politique d’« un acteur autonome qui s’engage pour une Europe et une Méditerranée fraternelles ».

« Il ne s’agit pas d’instrumentaliser une situation douloureuse pour construire un rapport de force avec l’État, mais la situation ne peut dépendre de considérations juridiques. On est au croisement des valeurs d’hospitalité de notre île, et des valeurs universelles de l’Europe », a-t-il conclu.

L’Aquarius a cherché depuis dimanche 10 juin un port à accoster, mais la France s’est abstenue de lui ouvrir ses ports. Le gouvernement italien a souligné que « l’Italie ne peut accepter de leçons hypocrites de pays ayant préféré détourner la tête en matière d’immigration », en référence à une déclaration d'Emmanuel Macron dénonçant la « part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien ».


Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur