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Sur le vif

L'aide à l'Afrique à la table du G8 mais la déception menace

| Lundi 7 Juillet 2008



Le sommet du G8, qui a convié lundi sept dirigeants d'Afrique, se voit pressé de confirmer ses engagements financiers en faveur du continent, durement frappé par la crise alimentaire, mais est déjà suspecté de vouloir gagner du temps.


Les dirigeants d'Afrique du Sud, d'Algérie, d'Ethiopie, du Ghana, du Nigeria, du Sénégal, de Tanzanie et le président de la commission de l'Union africaine Jean Ping ont été conviés à la table des huit grandes puissances dont ils ont partagé le déjeuner à Hokkaido, sur les rives du lac Toya (nord du Japon).
M. Ping a été transporté à l'hôpital lors de la réunion en raison d'un malaise.

Plus que jamais, alors que leurs pays sont touchés de plein fouet par la flambée des prix alimentaires - + 83% en trois ans selon la Banque mondiale -, les dirigeants africains ont demandé au G8 qu'il concrétise ses promesses des précédents sommets, en 2005 à Gleneagles (Ecosse) et en 2007 à Heiligendamm (Allemagne), a rapporté un responsable japonais à l'issue de la réunion à huis-clos.
Ils ont également appelé les Huit à «exercer leur leadership pour contrer la hausse des prix du pétrole et à soutenir tous les pays qui, en Afrique, en sont sérieusement affectés», selon la même source.

Le G8 s'est engagé en 2005 à porter le montant total de son aide à l'Afrique à 50 milliards USD par an d'ici 2010 et, l'an dernier, a ajouté - sans précision de date - une enveloppe de 60 milliards USD pour lutter contre les pandémies (sida, malaria et tuberculose), dont la moitié serait apportée par les États-Unis.

«Les pays (du G8) doivent accepter de remplir leurs promesses existantes», a jugé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon: «Aucune nouvelle promesse n'est nécessaire pour l'Afrique», selon lui mais les «donateurs doivent accélérer» leur aide.

«Comme d'autres au sein de la communauté internationale, le montant de l'aide nous pose problème. Mais c'est envoyer un mauvais signal au mauvais moment», a reconnu le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

«Nous pouvons faire mieux et nous devons faire mieux», a-t-il ajouté, indiquant qu'il «incitait fermement les États membres à arrêter un calendrier indicatif (sur les moyens) pour respecter leurs engagements».
Il a annoncé lors de la réunion de lundi, qu'il proposerait à l'UE la création d'un fonds doté d'un milliard d'euros pour soutenir le secteur agricole dans les pays en voie de développement.

«Tout le débat ces jours-ci est de savoir si oui ou non le chiffre de 50 milliards sera réaffirmé dans la déclaration finale (du sommet)», estimait lundi Max Lawson, porte-parole d'Oxfam international, regrettant que «le G8 semble s'écarter graduellement de ses engagements».

Depuis Gleneagles, 30 milliards manquent encore et, selon l'ONU et l'UA, un quart à peine de la somme initialement promise a été versée.

Selon Caritas International, en 2007 le montant global de l'aide au développement a chuté de 8,4% par rapport à 2007, après une baisse de 5,1% entre 2006 et 2007.

«Avec les États-Unis, l'Allemagne et le Royaume-Uni sont dans les clous», indique Oliver Buston, porte-parole de l'organisation ONE co-fondée par le chanteur de rock Bono. «Mais la France a réduit le montant de son aide de 66 millions de dollars en 2007 au moment où le Royaume-Uni et l'Allemagne redoublent d'efforts».

Quant au Japon, qui annonçait le mois dernier son intention de doubler le montant de son aide sur cinq ans, les ONG l'ont appelé à «faire mieux» d'ici la fin des travaux.

«Remplacer des engagements chiffrés par des mots, dans le communiqué final, ce serait reconnaître qu'on renonce aux promesses», a prévenu Luc Lamprière, directeur d'Oxfam France.





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