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Sur le vif

Koweït : une blogueuse hostile aux droits des domestiques refuse de s’excuser

Rédigé par Benjamin Andria | Mercredi 25 Juillet 2018



Koweït : une blogueuse hostile aux droits des domestiques refuse de s’excuser
Une blogueuse du Koweït a généré une polémique par-delà les frontières de son micro-Etat. Après que son pays et les Philippines aient ratifié en mai un accord octroyant des droits aux employés de maison, Sondos Al Qattan, blogueuse et maquilleuse, s'est filmé pour dire tout le mal qu'elle pense d'un tel accord.

Ces domestiques n'ont pourtant obtenu que le minimum décent en matière de droits : celui d'avoir un jour de repos hebdomadaire et de garder leur passeport sur eux, ce qui leur permet d'avoir plus facilement recours à l’aide des autorités philippines en cas de problème. Mais pour Sondos Al Qattan, c'est tout comme des privilèges qu'ils ne devraient pas avoir.

Dans une vidéo postée sur Instagram, Sondos al-Qattan déclarait : « Hormis le fait qu’il faut leur donner une pause toutes les cinq heures, ce qui est normal, comment peut-on avoir une servante à la maison qui peut garder son passeport ? Dans quel monde vit-on ? Et si elle s’enfuit et rentre dans son pays, qui va me rembourser ? (…) Et en plus elles ont droit à un jour de congé par semaine ? Qu’est-ce qu’il nous reste ? Sincèrement, avec ce contrat, je ne veux plus prendre de bonne philippine. Elle ne travaillerait que six jours par semaine et aurait quatre jours de congé par mois. » Un point de vue qu’elle a dit partager avec « de nombreux ressortissants koweïtiens et du Golfe ».

Depuis ses paroles controversées, plusieurs marques ont préféré arrêter toute collaboration avec cette blogueuse connue pour ses tutos maquillage. Cependant, elle refuse de reconnaître ses torts. A l'AFP, elle qualifie les réactions des internautes d’« injustifiées » et maintient qu’« elle n'a pas à s'excuser ».

L'accord entre le Koweït et les Philippines en faveur de nouveaux droits pour les domestiques a été conclu des suites d’une grave crise diplomatique qui a éclaté entre les deux pays au mois de février, après la découverte du cadavre d’une femme dans le congélateur de son employeur, un couple libano-syrien. Celui-ci a été condamné à la peine de mort en avril. Quelque 262 000 Philippins, jusqu'il y a peu soumis à un système leur refusant de partir de leurs employeurs sans consentement de ces derniers, travaillent au Koweït.