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Sur le vif

Khalifa: c'est 'une affaire d'Etat'

| Jeudi 25 Janvier 2007



Abdelmoumen Khalifa, principal accusé dans le procès pour faillite frauduleuse qui se tient -en son absence- à Blida (50km à l'ouest d'Alger) depuis plus de 15 jours, est sorti de son mutisme: dans un entretien publié jeudi par l'hebdomadaire arabophone "Al Mohakak", il qualifie ce scandale financier d'"affaire d'Etat".

"Mon affaire est une affaire d'Etat, car je détiens des secrets d'Etat", déclare l'ancien patron de la Khalifa Bank. "L'affaire n'est pas une affaire ordinaire. Elle fait partie des secrets de l'Etat algérien que je ne suis pas prêt de dévoiler pour le moment", ajoute M. Khalifa, en exil à Londres depuis 2003.

Cependant, celui que la presse locale surnommait le "petit prince" du capitalisme algérien, s'engage à dire "toute la vérité", mais seulement s'il peut bénéficier d'"un procès équitable, pas un procès comme celui qui est en cours à Blida".

Pour Abdelmoumen Khalifa, le procès qui s'est ouvert le 8 janvier devant le tribunal criminel de Blida est "un procès politique plutôt qu'économique et financier". "Ma banque n'était pas en faillite", poursuit-il, tout en affirmant par ailleurs sa disponibilité à "être jugé en Grande-Bretagne, où la justice est indépendante".

"Je ne suis pas un hors la loi, je ne fuis pas la justice, je demande à Mme Fatiha Brahimi (la juge de son procès, NDLR) de venir m'interroger à Londres, et je m'engage à lui fournir tous les détails de l'affaire, si son but c'est la recherche de la vérité."

Concernant son éventuelle extradition, dans le cadre de l'accord conclu en juillet dernier entre les autorités algériennes et britanniques, Abdelmoumen Khalifa se dit "très serein": "Je ne serai pas extradé parce que la justice britannique n'a pas été convaincue par le dossier qui lui a été présenté (par les autorités algériennes). La justice britannique n'est pas laxiste, elle est ferme sur ce genre de dossiers", souligne-t-il.

"Je suis un exilé politique, mais je garde toujours ma nationalité algérienne", affirme encore l'ex-magnat algérien, qui qualifie de "stupidité du siècle" les propos de l'ancien chef du gouvernement Ahmed Ouyahia, qui avait assimilé l'affaire Khalifa à "l'escroquerie du siècle".

Le procès de Blida porte sur le "trou" de 3,2 milliards de dinars (320 millions d'euros) constaté dans la caisse principale de Khalifa Bank à la suite d'irrégularités dans la gestion des dépôts et dans l'octroi de crédits.





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