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Sur le vif

Israël accuse France 2

| Mardi 2 Octobre 2007



Un haut responsable du gouvernement israélien accuse France-2 d'avoir manipulé ses images pour présenter Israël comme responsable de la mort de Mohammed al-Doura, un enfant palestinien de 12 ans tué dans une fusillade dans la Bande de Gaza en septembre 2000.

L'enquête officielle de l'armée a conclu qu'il est fortement improbable que le garçon ait été tué par les soldats mais ne l'exclut pas et ne lance aucune accusation contre la chaîne de télévision publique française. Des responsables de Tsahal avaient déclaré dans un premier temps que les coups de feu provenaient "apparemment" de positions israéliennes mais les investigations militaires ont jugé "tout à fait plausible" le fait que le garçon ait été fauché par une balle perdue palestinienne. France-2 a relayé cette thèse quelques jours après le reportage initial.

Les Palestiniens ont imputé la mort de l'enfant à l'armée israélienne, faisant de ce drame survenu dans les premiers jours de la deuxième Intifada un symbole de l'usage d'une force excessive par l'Etat hébreu et de la victime un martyr.

Les images de France-2 diffusées le 30 septembre montrent Mohammed terrifié qui tente avec son père de s'abriter près d'un mur pour échapper à une violente fusillade entre l'armée israélienne et des Palestiniens. On voit le père gesticulant frénétiquement pour tenter de faire cesser le feu tandis que son fils hurle de terreur; après une coupure, Mohammed apparaît sans vie, dans les bras de son père. Le commentaire affirme que les coups de feu proviennent de positions israéliennes proches.

Depuis, l'Israel Law Center, un groupe d'avocats israéliens, tente d'obtenir du bureau de la presse du gouvernement israélien qu'il retire son accréditation aux journalistes de France-2. Le directeur du bureau Danny Seaman a refusé mais a accusé le caméraman palestinien de la chaîne d'avoir manipulé les images et causé du tort à Israël.

"Les événements de ce jour-là ont été en réalité mis en scène par le caméraman de la chaîne dans la Bande de Gaza, M. Talal Abou Rahma", a-t-il écrit dans une lettre datée du 23 septembre et dont l'agence Associated Press a obtenu une copie. "Les événements ne peuvent pas s'être produits de la façon dont ils sont décrits par le journaliste de la chaîne, Charles Enderlin, car ils contredisent les lois de la physique", estime-t-il, ajoutant que cela a "enflammé le monde arabe et fait de nombreuses victimes en Israël et dans le monde".

Dans un entretien, M. Seaman a affirmé que, étant donné la position d'où tiraient les troupes israéliennes, les balles ne pouvaient pas toucher le père et l'enfant". Il a aussi souligné que la vidéo ne montrait pas la mort du petit Mohammed. Le mois dernier, l'armée israélienne a demandé à France-2 de lui fournir les bandes non coupées.

L'affaire a été portée devant la justice par Philippe Karsenty, responsable d'un site de notation des médias, Media Ratings, qui accuse France-2 d'avoir diffusé un montage trompeur. Il a été condamné en octobre 2006 pour avoir diffamé Charles Enderlin mais a fait appel et le tribunal correctionnel de Paris devrait visionner le 14 novembre les images vidéo non diffusées par la chaîne, selon des responsables.

Charles Enderlin n'a pas pu être joint dans l'immédiat.




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