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Points de vue

Islam, son Prophète et la Journée internationale des droits des femmes

Rédigé par Asif Arif, Justice Bouchet et Fatima Lalouch | Mardi 8 Mars 2016



Islam, son Prophète et la Journée internationale des droits des femmes
Le 8 mars, les pays du monde entier célébrent la Journée internationale des droits des femmes visant notamment à promouvoir l’égalité homme – femme dans leurs législations respectives. Des années sont passées, des mouvements féministes ont également milité ardemment sans pour autant que l’on constate le résultat escompté : l’égalité d’accès à l’emploi est disparate et plus complexe pour les femmes qui peuvent être très largement discriminées pour multiples raisons mais également les grands conseils d’administration peinent parfois à adopter une législation égalitaire entre les deux sexes.

Au début de cette Journée, en tant que musulmans, nous nous sommes interrogés sur l’importance des femmes dans l’islam. Cette importance est évidemment accordée par le Coran mais également par les récits rapportés du Prophète de l’islam qui nous apportent des éclaircissements considérables sur les droits des femmes. Le Coran part du postulat qu’il existe une égalité en droit des femmes et que la seule différence qui existe entre un homme et une femme se fonderait sur les qualités spirituelles.

Nulle miséricorde à celui qui n'en fait pas preuve

Les droits actuels accordés aux femmes sont évidemment en pleine évolution dans les démocraties occidentales et notre approche avec le droit musulman va sûrement générer des réactions visant à avancer des dispositions du Coran, totalement acontextualisées, pour prendre le contre-pied de mon actuelle argumentation. Or, répondre à tous ces moyens relève de l’impossible dans un article de quelques signes. Nous évoquerons toutefois des argumentaires plus constructifs qui permettent réellement de comprendre l’importance des droits des femmes dans l’islam.

Le Coran évoque dans la sourate « Al-Nahl » au verset 97 que « Quiconque, homme ou femme, fait une bonne œuvre tout en étant Croyant, Nous luis ferons vivre une vie paisible. Et Nous les compenserons en fonction des meilleurs de leurs actions ». Mais il s’agit là d’un aspect davantage spirituel que fondamentalement juridique.

Or, la femme dispose du droit à la vie puisque celle-ci a été « rendue sacrée » par le Coran – ce même droit à la vie que l’on retrouvera plusieurs siècles plus tard dans la Convention européenne des droits de l’homme. Elle a également le droit à un traitement convenable, un droit à l’éducation – la recherche du savoir étant une obligation pour tous les musulmans –, un droit à la tendresse, à l’affection et à la compassion – puisque dans l’islam, Dieu déclare ne pas faire miséricorde à celui qui ne fait pas miséricorde –, un droit à l’instruction ou encore le droit à l’égalité.

La reconnaissance d’un statut

La reconnaissance d’une haute importance pour les femmes commence dès la naissance puisque le Prophète de l’islam rapporte qu’une personne qui nourrit, élève, éduque trois filles accède naturellement au Paradis. Lorsqu’il fut questionné que les qualités les plus importantes des croyants, le Prophète de l’islam répondit : « Les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs avec leurs femmes. » La femme est également perçue, dans la religion musulmane, comme une protectrice puisque une tradition rapporte que le Prophète de l’islam a affirmé que les femmes « s’engage pour les gens » et en conséquence, elle accorde « la protection au nom des musulmans » (Tirmidzi, 4/141, n°1579).

Il va de soi, comme dans les démocraties occidentales, certains pays se revendiquant de « l’islam » n’ont visiblement qu’une piètre idée des droits de la femme. Or, cette idée réductrice n’est pas due aux textes fondateurs de cette religion mais à une instrumentalisation du fait religieux à des fins politiques. Malala, jeune pakistanaise qui s'est faite tirer dessus par les Talibans, est un bel exemple de ce que l’islam propose : l’égal accès à l’éducation pour tous. Car, in fine, la reconnaissance des droits des femmes passe par ce seul symbole de l’éducation sur lequel tant le Coran que le Prophète de l’islam ont mis l’accent de manière répétée.

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Asif Arif est avocat au Barreau de Paris, auteur de L’Ahmadiyya : un islam interdit et directeur de la collection Religions & Laïcités aux éditions l’Harmattan. Justice Bouchet est éducatrice, spécialisée dans les cadres d’intervention en terrains sensibles. Fatima Lalouch, féministe, est cadre dans le secteur bancaire au Maroc.