Connectez-vous S'inscrire






Points de vue

Gaza : comment Israël gagne la bataille de la communication dans sa guerre contre la Palestine

Rédigé par Abel Sena | Mardi 29 Juillet 2014



Alors que le peuple palestinien est en train de subir injustement un des épisodes les plus violents de sa douloureuse histoire, Israël, agresseur notoire et patenté, bénéficie pourtant de la connivence de la classe politique française ainsi que du sérail médiatique dans toutes ses composantes.

La barbarie perpétrée par l’armée israélienne ces dernières semaines à Gaza est sans commune mesure. Des centaines de victimes civiles innocentes dont des enfants, des femmes et des vieillards ont payé un lourd tribut aux velléités génocidaires de cette armée hyper équipée et sophistiquée grâce à l’aide logistique et financière du parrain américain. Le puissant Goliath est en train d’exposer impunément sa force militaire contre un David impuissant et démuni. Force est de constater que « le combat » sur le terrain militaire est déséquilibré. Et malheureusement, il l’est aussi sur le terrain médiatique car il semble bien qu’en plus de sa puissance militaire, Israël est en train de gagner également la bataille de la communication.

Aidés par des médias complices et une classe politique à leurs ordres, les lobbies sionistes en Occident, et plus particulièrement en France, ont réussi l’exploit d’imposer à ces mêmes médias, et donc à l’opinion publique leur vision délibérément erronée de l’histoire. De nos jours, les médias en France et ailleurs ne parlent plus de territoires occupés lorsqu’il s’agit d’évoquer le conflit israélo-palestinien. Il n’est plus question non plus d’un Etat agresseur qui dispose du sort d’un peuple spolié et assiégé à ciel ouvert depuis des décennies. L’hypocrisie médiatique ambiante s’efforce, en revanche, de servir les thèses sionistes en présentant l’occupation de la Palestine comme un conflit entre voisins : Israël, pays esseulé et menacé par ses voisins, ne fait que se défendre contre des agressions extérieures qui mettent sa sécurité en péril.

Gaza : comment Israël gagne la bataille de la communication dans sa guerre contre la Palestine

Taire la légitimité des droits des Palestiniens

Aussi, la prouesse des officines sionistes bat son comble lorsque le discours politico-médiatique relaie leur rengaine consistant à réduire le peuple palestinien en la personne du Hamas. Par conséquent, il ne s’agit pas d’un conflit entre Israël et le peuple palestinien, mais plutôt entre l’Etat hébreu et le Hamas. Comprenez que « le Hamas » cité dans ce contexte par les médias et les politiques est étiqueté bien évidemment comme une organisation terroriste et dangereuse. Encore une fois, le stratagème est bien ficelé : puisque le Hamas est considéré comme une nébuleuse terroriste, cela lui enlève toute légitimité de défendre le droit du peuple palestinien à l’indépendance, mais donne en revanche à Israël le droit de se défendre sans inquiétude aucune au nom de la lutte contre le terrorisme. Circulez, il n’y a rien à voir !

D’autre part, le soutien de la classe politique française à l’agression israélienne est presque unanime. Entre un président de la République qui s’empresse de produire un communiqué de presse dans lequel il annonce son soutien inconditionnel à Israël - un communiqué quasiment dicté par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou selon L'Humanité - et les déclarations d’un Manuel Valls qui se dit être viscéralement et « éternellement lié à Israël », la propagande israélienne a de beaux jours devant elle.

Les médias ne sont pas en reste non plus et rivalisent d’ingéniosité pour occulter la réalité de la guerre israélienne contre Gaza : alors que les victimes palestiniennes se comptent par centaines, certains médias français assurent Israël de leur bienveillance en parlant des centaines de roquettes lancées par le Hamas et qui pleuvent sur Israël (mais qui n’occasionnent que peu de pertes). D’autres médias ne parlent pas d’agression d’Israël à l’encontre du peuple palestinien, mais plutôt de sa riposte, en état de légitime défense, aux provocations de Hamas.

Discréditer les manifestations pour soutenir Israël

Alors qu’une tragédie humanitaire est en cours à Gaza où même des enfants palestiniens jouant sur une plage ne sont pas épargnés par la barbarie, dépassant tout entendement, de l’armée d’Israël, les médias français s’évertuent à parler d’une imaginaire attaque de manifestants pro-Palestine contre une synagogue rue de la Roquette à Paris. Ce complot, monté de toutes pièces par la LDJ, faction juive extrémiste interdite en Israël et aux Etats-Unis et autorisée en France, aimant à discréditer les manifestations contre l’agression israélienne, a pu bénéficier de plus de médiatisation que les horreurs commises par l’armée du Tsahal.

Cet écran de fumée a permis de détourner l’attention sur les vrais enjeux et finalités de l’agression israélienne et a offert au CRIF une occasion rêvée pour demander l’interdiction des manifestations en faveur du "Hamas", doléance à laquelle les autorités françaises se sont empressées de répondre favorablement.

La complicité avérée de l'ONU

La bienveillance médiatique dont bénéficie l’Etat d’Israël trouve un écho encore plus fort au sein de l’ONU, laquelle organisation nous a gratifié aujourd’hui d’un communiqué sommant les parties belligérantes de mette fin au conflit en cours. Bien évidemment, on ne peut que s’indigner et s’inscrire en faux par rapport à la désignation par l’ONU de l’agression israélienne par le terme « conflit » ; car un conflit implique deux puissances égales avec des moyens du même acabit. Or, ce soi-disant conflit oppose une armée des plus équipées au monde à des résistants sommairement armés. Aussi, le terme « conflit » aime-t-il à occulter la notion d’occupation dont il est question ici et à absoudre Israël de son "crime originel", à savoir la confiscation de la terre du peuple palestinien.

Ce faisant, la respectable organisation onusienne se joint alors au concert des borgnes dont la vue est perturbée - par intérêt ou par connivence - par l’idéologie et les stratagèmes des lobbies sionistes qui déploient tous les moyens possibles pour manipuler - avec succès, il faut malheureusement le reconnaître - les opinions publiques et les sphères de prise de décisions.

Mais malgré cette campagne de désinformation qui semble porter ses fruits, plusieurs voix à travers le monde s’élèvent contre les agissements barbares et inhumains de l’Etat sioniste. Et si ce dernier semble gagner la bataille de la communication, la légitimité historique est du côté du peuple palestinien et il devient impératif de mener la résistance aussi bien sur le terrain militaire que médiatique pour montrer au monde entier le visage ignoble d’Israël.

****
Abel Sena est professeur de collège dans le Calvados.