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Sur le vif

Filmé à son insu pour un film, un homme porte plainte contre Netflix pour discrimination raciale

Rédigé par | Vendredi 18 Juin 2021 à 13:00

           


Filmé à son insu pour un film, un homme porte plainte contre Netflix pour discrimination raciale
La polémique fait grincer des dents. A Nice, Rami Salhi, 22 ans, a décidé de porter plainte contre Netflix pour « provocation publique à la discrimination et à la haine raciale ».

Filmé à son insu et qualifié de « barbu » dans le film Sentinelle réalisé par Julien Leclercq, le jeune électricien apparaît dans une scène où l'héroïne Klara, une militaire traumatisée par son expérience de guerre en Syrie, observe dans la lunette de son fusil-mitrailleur deux jeunes hommes se saluer et se quitter sur la promenade des Anglais.

Un passage expliqué dans sa version en audiodescription par la phrase : « Deux jeunes barbus munis de sacs à dos se serrent la main et se séparent ». « Le réalisateur s’est autorisé à faire un lien entre l’aspect maghrébin des personnes filmées, qui plus est sans leur autorisation et sur les lieux mêmes de l’attentat du 14 juillet 2016, et les fondamentalistes religieux. C’est inadmissible, cela sous-entend que toute personne d’origine maghrébine est potentiellement un terroriste », a estimé l’avocat du plaignant, Jean-Pascal Padovani.

Ce dernier indique par ailleurs avoir reçu, après la diffusion du film, plus de 80 messages de connaissances dont certaines étaient choquées de le voir décrit comme un potentiel terroriste. L’image de Rami Salhi aurait été captée de loin, en décembre 2019, alors qu’il sortait d’un chantier sur la promenade des Anglais. A cet instant-là, il se souvient avoir simplement salué un de ses collègues avant de rentrer chez lui.

« Je n’ai rien à voir avec l’islamisme, le terrorisme. La scène est tournée à l’endroit même de l’attentat de Nice. Je ne comprends pas comment le réalisateur peut me faire passer pour un terroriste. Juste parce que je suis Maghrébin ? », s’est indigné Rami Salhi auprès de Nice-Matin.



Netflix, visé par cette plainte en tant que diffuseur, a indiqué à l’AFP par la voix d’un porte-parole ne pas avoir « de commentaire à apporter sur le sujet ». Le diffuseur a toutefois depuis modifié l’audiodescription et supprimé le terme de « barbus ». Une enquête a été ouverte mardi 15 juin.

Cette affaire survient alors que le procès de l’attentat de Nice, qui avait fait 86 morts et plus de 400 blessés sur la promenade des Anglais le 14 juillet 2016, doit s’ouvrir le 5 septembre 2022 pour s’achever deux mois plus tard, le 15 novembre 2022.

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