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Sur le vif

Des ex-musulmans de France regroupés pour revendiquer leur rejet de l’islam

Rédigé par La Rédaction | Dimanche 7 Juillet 2013



Un Conseil des ex-musulmans de France (CEMF) a été fondé, samedi 6 juillet, par d’anciens fidèles de l’islam. Le groupe d’athées réclame la liberté de revendiquer publiquement son athéisme et de critiquer l'islam, « l’interdiction des coutumes, règles, cérémonies ou activités religieuses qui sont incompatibles avec ou violents les droits et libertés des peuples », « la prohibition de la ségrégation des sexes » ou encore « la protection des enfants contre toute manipulation et abus par la religion et les institutions religieuses ».

« Nous sommes un groupe d’athées et d’incroyants qui avons de ce fait, fait face à des menaces et à des restrictions dans nos vies personnelles. Plusieurs d’entre nous ont été arrêtés pour blasphème », indique ce nouvel organe sur sa page Facebook.

Le CEMF s’appuie, pour son lancement, sur l’histoire de Jean-François Lefevre de la Barre qui, au XVIIIe siècle, « fut torturé et mis à mort, son corps ensuite brûlé sur un bûcher en compagnie du Dictionnaire Philosophique de Voltaire : son seul crime fut d’avoir refusé de soulever son chapeau au passage d’une procession religieuse. Aujourd’hui, d’innombrables Jean-François Lefevre de la Barre sont menacés, torturés, emprisonnés, mis à mort pour apostasie, blasphème, hérésie et pour refus de se plier aux diktats islamistes ».

Le Conseil, lancé trois jours avant le mois du Ramadan « en commémoration de l’assassinat de La Barre et en solidarité avec les nombreux hommes et femmes qui, comme lui, refusent et résistent aujourd’hui », a été initié par le jeune bloggeur palestinien Waleed Al-Husseini, qui avait été détenu dix mois en 2010 en Cisjordanie pour des commentaires blasphématoires envers Dieu et le Prophète Muhammad, qu'il avait notamment décrit comme « un obsédé du sexe ».

Le CEMF a été inauguré en présence de la cinéaste tunisienne Nadia El-Fani, de l’essayiste Caroline Fourest, de la sociologue algérienne Marieme Helie Lucas ou encore de la fondatrice du Conseil des ex-musulmans de Grande Bretagne Maryam Namazie.

« Nous voulons porter en France la voix des ex-musulmans qui dénoncent le mensonge selon lequel tout musulman l'est toujours alors que ce n'est pas vrai », a expliqué à l'AFP l'un des membres du CEMF, Atika Samrah, une Marocaine installée en France depuis cinq ans et qui dit n'avoir jamais pu se dire athée dans son pays.

La page Facebook du CEMF compte d'ores et déjà près de 500 fans au 6 juillet. La création de ce groupe, qui se dit « autonome et indépendant », a été rapidement saluée par les sites identitaires islamophobes, ravis de voir leurs thèses fascistes confortées par d'anciens musulmans prétendant détenir une expertise religieuse. A contrario, elle est très mal accueillie par la communauté musulmane, lourdement affectée par la progression constante de l'islamophobie en France, .

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