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Société

Le premier dîner des « musulmans laïcs » repoussé

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Samedi 28 Février 2009

Selon un article de l’hebdomadaire du Point, les « musulmans laïcs » devraient bientôt disposer de l’équivalent d’un « CRIF musulman », une institution « concurrente du Conseil français du culte musulman » (CFCM). Le premier dîner annuel, qui devait avoir lieu le 25 mars prochain a cependant été reporté à une date ultérieure, affirme Malika Benlarbi, porteuse de ce mystérieux projet.



Le premier dîner des « musulmans laïcs » repoussé
Un conseil représentatif des « musulmans laïcs » de France pour bientôt ? L’information, pourtant officieuse, semble se confirmer. A l’initiative de Malika Benlarbi, sous-préfète de la région Ile-de-France, et avec le soutien du conseiller spécial du président français, Henri Guaino, les « musulmans laïcs » devraient disposer d’une institution représentative à l’image du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

Le journal Le Point annonçait en début de mois cette initiative qui débuterait par un premier dîner annuel le 25 mars prochain sous le parrainage de Zinedine Zidane et d’Isabelle Adjani. Le couple Bruni-Sarkozy y été annoncé ainsi qu’un certain nombre de « leaders politiques de droite et de gauche », sans plus de précision quant à leurs noms. Une invitation aurait même été lancée à la first lady des Etats-Unis, Michelle Obama.

Jointe par téléphone, Mme Benlarbi affirme que « ce dîner n’est finalement pas maintenue, il a été reporté à une date ultérieure » inconnue à ce jour. Affirmant n’être pas encore « prête », la cofondatrice de l’association Convergence méditerranéenne explique, sans en dire davantage, qu’il reste encore « beaucoup de choses à faire » avant de rendre la date du dîner publique. Cependant, le mystère est entier quant à une éventuelle création d’une structure pour « laïcs ».

La confusion règne encore à ce jour

Convié à ce fameux dîner, Mohammed Moussaoui, président du CFCM, s’est déclaré « surpris » de l’annonce du journal Le Point. « Le Conseil a manifesté son inquiétude à ce propos. L’invitation concernait un dîner, rien de plus », a-t-il confié à Saphirnews.

Mais au fait qu’entend t-on par « musulman laïc»? Un non-pratiquant ? « Si telle est sa signification, pourquoi ne pas utiliser ce terme qui a un sens plus précis», affirme M. Moussaoui. « Si le "laïc" vient en opposition à l’homme de religion, l’imam, c’est autre chose. Un "catholique laïc" pourrait être un fidèle qui participe à la messe alors que le curé qui la dirige est qualifié de religieux».

Alors, est-ce simplement un musulman qui respecterait les lois de la République ? « Les musulmans en France sont respectueux des valeurs de la république dont fait partie la laïcité. Celle-ci inclut le respect de la liberté de conscience et de culte; la lutte contre toute domination de la religion sur l’État et sur la société civile ; l’égalité des religions et des convictions, incluant le droit de ne pas croire. Il n’y a donc nullement besoin d’opposer le musulman et le laïc», fait savoir M. Moussaoui. Le constat est clair : « l’expression musulman laïc reste très ambigüe tant que l’utilisateur n’y a pas mis du contenu», affirme t-il.

Le CFCM s’attend à des clarifications

Après la création en 2003 du Mouvement des musulmans laïcs de France (MMLF) et du Conseil Français des musulmans laïques (CFML) puis de leur rapide disparition – tout du moins, de la scène médiatique- quelles chances de (sur)vie auraient l’éventuelle structure de Mme Benlarbi ?

Le CFCM a déjà du mal à s’affirmer. Celui-ci, par la voix de son président, déclare ne pas avoir « la prétention de représenter les musulmans de France. Le CFCM représente le culte musulman. Il est en particulier l’interlocuteur des pouvoirs publics sur toutes les questions liées au culte Musulman ».

« Notre institution existe depuis 2003. Elle essaie d’apporter des réponses aux nombreuses attentes des musulmans de France concernant le culte. Si l’objectif de ce dîner est de créer une institution « concurrente du CFCM », nous dirons qu’il est dans l’intérêt des musulmans de France de renforcer le CFCM et de le soutenir et non pas de le concurrencer ou de l’affaiblir. Compte tenu des conditions dans lesquelles ce dîner a été annoncé, nous attendons des clarifications de la part des organisateurs », déclare t-il. Clarifications que M. Moussaoui estime comme « une condition à une éventuelle venue au dîner ».





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