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SaphirNews.com | Quotidien musulman d’actualité







Sur le vif

Décès de Driss Benzekri

| Lundi 21 Mai 2007



Décédé dimanche à l'âge de 57 ans, Driss Benzekri était l'un des plus célèbres défenseurs des Droits de l'Homme au Maroc: il fut un opposant au régime du roi Hassan II avant que le roi Mohammed VI l'invite à tenter de "tourner la page" des années de plomb (1960-1999).

Peu prolixe, cet enseignant d'origine berbère était connu par sa "patience et son endurance", disent ses proches. Il aimait travailler dans le "calme, sans tapage".

Arrêté en 1974, il a été condamné en 1977 à 30 ans ans de prison pour avoir milité dans une organisation marxiste marocaine.

Il quitte la prison centrale de Kénitra (30 km au nord de Rabat) en 1991. Il disait ne pas avoir gardé d'amertume.

A propos de sa longue détention, il a récemment déclaré à un journal français: "on sent que la blessure est toujours là, mais ce n'est pas quelque chose qui nous pourrit de l'intérieur. Je dis On et non pas Je, car ils étaient nombreux à avoir subi le même sort sous le règne du défunt roi Hassan II", a-t-il dit.

Dès sa libération, cet ancien opposant politique, défenseur de la culture amazighe (berbère), milite avec de plus en plus d'engagement pour la promotion des Droits de l'Homme au Maroc.

Il obtient un diplôme de droit international à l'université d'Essexen en Grande Bretagne et contribue à la création du Forum Vérité et Justice (FVJ), une association regroupant d'anciennes victimes de la répression politique et leurs familles.

Mais en 2003, le roi Mohammed VI l'appelle pour diriger un organisme public, l'Instance Equité et Réconciliation (IER) une commission de vérité qui devait se charger de régler les dossiers des Droits de l'Homme durant "les années de plomb".

Driss Benzekri accepte, quitte ses amis de l'association FVJ et se lance dans cette nouvelle expérience. De nombreux militants l'ont critiqué, certains l'accusant d'avoir été "récupéré par le pouvoir".

Pour Abraham Serfaty, un ancien opposant au régime du roi Hassan II, Driss Benzekri était "courageux et honnête, en aucun cas manipulable, et il avait raison d'accepter de présider l'IER".

Dernier acte de Driss Benzekri: il a signé sur son lit d'hôpital, peu avant sa mort, un texte qui crée une couverture médicale en faveur des victimes des années de plomb.




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