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SaphirNews.com | Quotidien musulman d’actualité


 


Société

Après l'attaque du chantier de la mosquée d’Angers, la stupeur et l'inquiétude parmi les musulmans

Rédigé par | Mercredi 29 Septembre 2021 à 13:35

           

Alors que le chantier de la mosquée d'Angers tourne actuellement au ralenti, celui-ci a été visé par d'importantes dégradations qui ont scandalisé l'Association des musulmans d'Angers (AMA).



Après l'attaque du chantier de la mosquée d’Angers, la stupeur et l'inquiétude parmi les musulmans
Câbles arrachées, vitres brisées, tableaux électriques hors service… D’importantes dégradations ont été commises sur le chantier de la mosquée d’Angers (Maine-et-Loire) au cours du week-end du 25 septembre, a fait savoir, mardi 28 septembre l’Association des musulmans d’Angers (AMA), qui a fait la triste découverte de l’attaque la veille.

Déplorant des « attaques à répétition » contre la future mosquée Abu Bakr Essedik, l’association gestionnaire, présidée par Mohamed Briwa, ne cache pas sa stupeur. « Ces actions de vandalisme et d’intimidation s’ajoutent aux nombreux actes de profanation du chantier de la mosquée par des têtes de cochons et des inscriptions racistes et islamophobes », fait-on savoir. « Les musulmans d’Angers qui œuvrent depuis des années pour disposer d’un lieu de culte digne et participent à l’édification d’un véritable vivre ensemble avec leurs concitoyens de toutes convictions et conditions sont attristés par ces provocations haineuses qui menacent notre unité et notre cohésion. »

Un contexte inquiétant pour les musulmans

Plusieurs dégradations « plus ou moins importants » ont été commises ces dernières années sans qu'elles ne soient systématiquement remontées à la police mais, « cette fois, les dégâts sont extrêmement importants », précise auprès de Saphirnews Mokhtar Hedia, le porte-parole de l’AMA. L’expertise étant en cours, il ne préfère avancer aucun chiffre mais au regard des premiers constats immortalisés par des photos, les dégâts pourraient très facilement faire monter le préjudice à plusieurs milliers d’euros.

« Dès lundi, lorsqu’on s’est rendu compte des dégradations, nous avons porté plainte contre X auprès des services de police d’Angers », indique Mokhtar Hedia. S’il déclare n’avoir « aucune idée » sur l’auteur ou les auteurs de l’attaque, il y voit un lien avec le contexte sociopolitique actuel qui n’est « pas très sain ».

« À la veille des grandes échéances électorales de notre pays, la communauté musulmane de France s’inquiète face à la banalisation d’un discours antimusulman qui pourrait nourrir la haine contre les musulmans et leurs édifices de culte », souligne en ce sens l’AMA dans un communiqué.

Des témoignages de soutien bienvenus

« Les responsables politiques qui aspirent à la gestion des affaires publiques de notre pays doivent en être conscients et agir en conséquence », conclut ainsi l’association, qui salue au passage « toutes les forces vives de notre pays, éprises de paix et de justice, qui se sont élevées contre cette atteinte insupportable à l’une de nos libertés fondamentales ».

Le maire d’Angers, Christophe Béchu, a condamné, mardi 28 septembre, « avec la plus grande fermeté » les dégradations. « Ces agissements sont une atteinte inacceptable à la liberté de culte et au vivre ensemble. J’ai une pensée aux fidèles touchés dans leur foi », a-t-il signifié via Twitter. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a également condamné le saccage, adressant son « soutien total et entière solidarité avec les responsables et fidèles de la future mosquée ».

Les travaux de la mosquée avancent actuellement au ralenti. « Nous sommes tributaires des financements des fidèles », rappelle Mokhtar Hedia. « Une opportunité a été étudiée avec le Maroc (pour une cession de la mosquée au ministère des Habous, ndlr) mais il y a un blocage politique au niveau local et même plus haut (en référence à l'opposition du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, ndlr) malgré l’accord des fidèles. Mais on n’a pas baissé les bras » pour qu’une solution pérenne puisse être trouvée, déclare-t-il. « Angers est la seule grande ville de la région à ne pas avoir une mosquée digne pour recevoir ses musulmans et les représentants d’autres religions. On n’a pas envie de laisser un bâtiment pareil à l’abandon. »

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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur