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Sur le vif

Allemagne : le crucifix de la polémique en Bavière

Rédigé par Lina Farelli | Jeudi 3 Mai 2018



Allemagne : le crucifix de la polémique en Bavière
Le ministre-président de Bavière Markus Söder vient d’émettre un décret qui nourrit déjà des polémiques. À partir du 1er juin, les halls de tous les bâtiments publics présents dans la province devront installer un crucifix bien en évidence. Montrant l’exemple, il a convoqué les journalistes pour le prendre en photo en train de fixer la croix dans le hall de son siège, à Munich.

Le ministre-président d’un territoire très catholique a imposé la pose du crucifix qui ne se résume pas à un « signe religieux » selon lui, mais s’avère être aussi « un emblème de la tradition historique et culturelle de la Bavière. (…) Un signe visible d’adhésion aux valeurs fondamentales de l’État de droit en Bavière et en Allemagne ».

Les yeux avertis des observateurs ont reconnu, à travers sa décision, une tentative de reconquérir une partie de l'électorat catholique face à l'essor de l’extrême droite dans l'espoir, pour l'Union chrétienne-sociale (CSU) dont il est membre, de remporter la majorité lors des élections régionales prévues 14 octobre prochain.

Cette décision a été l'objet de nombreuses critiques du côté des autorités catholiques pour qui il s'agit d'une instrumentalisation politique d'un symbole religieux. Mgr Reinhard Marx, président de la Conférence épiscopale allemande et archevêque de Munich, n'a pas apprécié son initiative, accusant Markus Söder de « diviser, d’agiter et de monter les gens les uns contre les autres ».

Quelques semaines auparavant, Markus Söder déclarait publiquement que « l’islam ne fait pas partie de l’Allemagne ». L’archevêque a rappelé à son attention que « celui qui voit dans le crucifix un symbole culturel ne l’a pas compris ». Des Bavarois sont allés même jusqu'à accuser le ministre-président de blasphème en adoptant et en imposant une vision personnalisée du crucifix qui va à l’encontre de sa vraie valeur, telle que le pape François l’a récemment rappelé : le crucifix « n’est pas un objet ornemental ou un accessoire de mode, mais un signe religieux à contempler et à comprendre ».