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Sur le vif

Algérie: des marches pour dénoncer le terrorisme

| Mercredi 18 Avril 2007



Mardi, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les grandes villes algériennes moins d'une semaine après les attentats qui ont frappé à deux reprises Alger et sa banlieue, faisant 30 morts et de nombreux blessés.

A Alger, où les marches sont interdites depuis 2001, un appel au rassemblement lancé par différentes associations, organisations de masse, syndicats et partis politiques a attiré plusieurs milliers de personnes au complexe sportif du 5-Juillet.

"La lutte contre le terrorisme continue", "Non à la destruction de l'Algérie", "Tous contre les ennemis de l'Algérie" et "Oui à la réconciliation nationale", pouvait-on lire sur les banderoles déployées à travers le pays.

La radio et la télévision algériennes, médias publics tous les deux, ont largement couvert en direct les différentes manifestations de la société civile.

Les services de sécurité ont eux innové en envoyant mardi sur les téléphones portables des abonnés de l'opérateur public de téléphonie mobile Mobilis des SMS les invitant à avertir de toute menace terroriste.

"Message forces sécurité: cher(e) citoyen(ne), nos frères souffrent du résidu des terroristes en fuite. Le devoir vous appelle à signaler toute menace. Appeler numéro gratuit 1590", demande ce message.

Dans plusieurs régions du pays, notamment dans l'Oranie (ouest), les forces de l'ordre s'étaient déjà adressées au public par l'intermédiaire d'affiches placardées dans les villes invitant les "citoyennes et citoyens" à "transmettre toute information sur les actes, les mouvements et les lieux abritant les terroristes", à une série de numéros de téléphones qui était fournis.

Par ailleurs, le puzzle du double attentat du 11 avril continue à se mettre doucement en place. Outre l'identification des trois "présumés kamikazes" auteurs des attentats, l'analyse par les services spécialisés des preuves matérielles recueillies sur place par la police scientifique donne à présent une idée générale sur le procédé utilisé.

Le ministre algérien de l'Intérieur, Nourredine Yazid Zerhouni, en révélant la découverte de détonateurs à distance, a remis en cause la thèse de l'attentat suicide.

D'après le ministre, dont les propos était rapportés mardi par le "Quotidien d'Oran", "il est fort probable que les terroristes conducteurs des trois voitures aient sauté avec leurs charges d'explosifs à leur insu".

L'hypothèse la plus plausible est par conséquent que les bombes n'aient pas été déclenchées par les conducteurs des véhicules, mais par de tierces personnes se trouvant à l'abri.

"L'étude du profil de deux des trois terroristes identifiés, réalisée par les spécialistes des services de sécurité algériens accrédite davantage cette thèse", a poursuivi le ministre de l'Intérieur.

Nourredine Yazid Zerhouni, qui s'exprimait lundi après-midi en marge de la visite du président Abdelaziz Bouteflika à Constantine (400km à l'est d'Alger), estime qu'"Al-Qaïda au Maghreb islamique" a ainsi voulu faire des conducteurs des véhicules des kamikazes malgré eux pour terroriser les civils et induire en erreur sa propre "maison mère".





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