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Sur le vif

2 ans avec sursis contre l'ex-PDG d'Arkopharma

| Jeudi 20 Avril 2006 à 09:32

           


Une peine de deux ans de prison avec sursis assortie de 30.000 euros d'amende a été requise mercredi contre Max Rombi, ancien PDG du groupe de phytothérapie Arkopharma, poursuivi devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour blessures involontaires envers deux femmes ayant absorbé des produits à base de plantes chinoises. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 5 juillet.

Le procureur de la République, Paul Michel, a estimé que Max Rombi, âgé de 77 ans, avait "commis de multiples fautes", fustigeant "l'absence de contrôles, l'absence de vérifications au détriment de la santé des victimes". Contre le second prévenu, Jean-Bruno Maury, ancien pharmacien toulousain dont l'officine avait préparé les gélules contenant la poudre de plante chinoise fournie par Arkopharma, le magistrat a demandé une peine de 9 mois d'emprisonnement avec sursis assortie d'une amende de 15.000 euros.

Les délits de tromperie sur les qualités substantielles d'une marchandise et de blessures involontaires retenus contre les deux prévenus "sont parfaitement établis", a considéré M. Michel, relevant "des négligences à tous les stades". Les parties civiles, Marie-Hélène Lafaix, 39 ans, et Anne Pertile, 34 ans, seule à assister à l'audience, avaient été atteintes d'insuffisance rénale irréversible à partir de 1993. Elles ont aujourd'hui toutes deux subi des transplantations rénales et présentent de nombreuses atteintes physiques et psychologiques.

Leurs avocats ont souligné la dangerosité du produit absorbé, puis décrit leurs souffrances, évoquant des "jeunes femmes totalement démunies, totalement épuisées, désemparées". Pour elles, "l'avenir c'est l'heure qui suit". Entre 1990 et 1993, elles avaient absorbé des gélules amaigrissantes "Asiatitra 28", censées contenir la plante chinoise "Stéphania Tétrandra" mais contenant en fait une autre plante, "Aristolochia Fangji", néphrotoxique selon certains experts.

La substitution de produit avait été effectuée avant qu'il n'arrive chez Arkopharma qui, au début des années 90, ne disposait pas du révélateur chimique permettant de vérifier la nature exacte de la plante. La défense des deux prévenus a plaidé la relaxe, expliquant notamment qu'à l'époque des faits, les plantes chinoises n'étaient pas référencées à la pharmacopée.

Les avocats de Max Rombi ont également souligné que la toxicité du produit ingéré à faible dose par les victimes n'était pas "scientifiquement" avérée et que "tous les contrôles" possibles dans les années 90 avaient été effectués par Arkopharma.

L'ex-PDG d'Arkopharma, leader européen des produits de phytothérapie, a été condamné en novembre 2005 par le tribunal correctionnel de Nice à 3 ans de prison avec sursis pour homicides involontaires après le décès de deux femmes ayant également absorbé des produits à base de plantes chinoises. Il a fait appel du jugement.




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