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Monde

« Israël a le droit de se défendre »

Rédigé par Amara BAMBA | Mercredi 26 Juillet 2006

Il y a de petites phrases idiotes qu'on rencontre une fois, deux fois... Puis, seulement à la troisième rencontre, on commence à y prêter vraiment attention. « Israël a le droit de se défendre » est l'une de ces petites phrases imbéciles parmi d'autres. Mais depuis le "kidnapping" de quelques soldats israéliens par des résistants palestiniens et libanais, cet idiotisme politique a vu sa cote monter.



Seigneur! 100 terroristes attaquent Israël !!
Seigneur! 100 terroristes attaquent Israël !!
Depuis la capture du soldat Gilad Shalit le 25 juin 2006, cette « innocente » petite phrase stupide est sortie de quelques bouches parmi les plus écoutées de la planète: « Israël a le droit de se défendre ».

A la suite des dirigeants israéliens, le président américain Georges Walker Bush, son secrétaire d'Etat Condooleezza Rice et leur porte valises anglais, Tony Blair, ont révélé au monde qu'« Israël a le droit de se défendre ».

Mais aussi, notre tonitruant ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, le Premier ministre canadien, le conservateur Stephen Harper... Bref, ils sont nombreux, politiques ou analystes qui, dans un élan de « vérité médiatique », nous ont rappelé l'évidence: « Israël a le droit de se défendre ». Oui et alors?

Beaucoup de croyants connaissent la vérité spirituelle. Elle n'a pas besoin de preuve matérielle. La foi lui suffit. Les chercheurs connaissent aussi la vérité scientifique: une compilation de données objectives, tissées entre elles par quelques théories analytiques. Désormais, en ce siècle de communication, les politiques ont inventé la « vérité médiatique ». C'est une déclaration qu'un officiel énonce à l'attention d'un journaliste. Ce dernier la reprend comme tel. Puis, à coup de citations, voire de citations de citations, ce mantra est repris par les médias. Il est répété, récité et recité en vue de le faire accepter comme un axiome que l'on ne peut discuter.

Or, pour le bon sens commun, c'est une évidence que « tout pays a le droit de se défendre ». Encore faut-il qu'il en ait les moyens! En cela, chacun sait qu'Israël est un pays surarmé. Mais alors pourquoi nous chauffer les oreilles avec ce que personne n'a jamais nié ?

C'est là que cette petite phrase obvie, participe à un jeu de dupes auquel on voudrait nous voir participer. Car elle sous-entend que l'enlèvement des soldats israéliens, est une agression territoriale contre l'Etat d'Israël. Une pure histoire pour bambins qui dirait qu'un beau matin, des résistants palestiniens et libanais, rongés par l'ennui, ont décidé de jouer à occuper les terres d'Israël. Les uns creusèrent un tunnel pour capturer un jeune caporal tankiste israélien. Les autres capturèrent non moins de deux soldats israéliens en promenade de santé sur le territoire libanais. Ainsi furent attaquées les terres attribuées à l'Etat d'Israël par l'Organisation des nations unies! Et, selon l'article 51 de la charte de l'Onu, « Israël a le droit de se défendre ». La cause est donc entendue, Israël est dans son droit et nous n'avons rien à y redire.

Ainsi, cette petite phrase insidieuse voudrait nous renvoyer implicitement à l'article 51 de la Charte des Nations unies dont les termes sont pourtant explicites. Car, à supposer qu'Israël se croit attaqué par la capture de quelques soldats qu'on lui propose d'échanger contre des milliers de captifs qu'il retient impunément dont certains depuis des décennies, « les mesures prises..., dans l'exercice de ce droit à la légitime défense sont immédiatement portées à la connaissance du Conseil de sécurité... » C'est ce que stipule l'article invoqué (voir ci-dessous). Or de cela, il n'est pas question.

Car la chose est connue: Israël n'a pas l'habitude de respecter les résolutions de l'Onu. Alors, Messieurs les politiques, Israël a des droits. Oui! Mais il a aussi des devoirs. Assez de nous marteler les droits d'Israël, vous ne nous ferez pas oublier ses devoirs.


Charte des Nations unies
Article 51:
Aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un Membre des Nations Unies est l'objet d'une agression armée, jusqu'à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Les mesures prises par des Membres dans l'exercice de ce droit de légitime défense sont immédiatement portées à la connaissance du Conseil de sécurité et n'affectent en rien le pouvoir et le devoir qu'a le Conseil, en vertu de la présente Charte, d'agir à tout moment de la manière qu'il juge nécessaire pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales.





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